À 𝗹𝗮 𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶è𝗺𝗲 𝗮𝗻𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗝𝗼𝘂𝗿𝗻é𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗟𝗶𝗯é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗰é𝗹é𝗯𝗿é𝗲 𝗰𝗲 𝟯𝟬 𝗮𝗼û𝘁 à 𝗠𝗮𝗸𝗼𝗸𝗼𝘂, 𝗰𝗵𝗲𝗳-𝗹𝗶𝗲𝘂 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗶𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗢𝗴𝗼𝗼𝘂é-𝗜𝘃𝗶𝗻𝗱𝗼, 𝗹𝗲 𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗕𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗖𝗹𝗼𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗢𝗹𝗶𝗴𝘂𝗶 𝗡𝗴𝘂𝗲𝗺𝗮, 𝗮 𝗹𝗶𝘃𝗿é 𝘂𝗻 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗮𝗿𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗮𝗰𝗿é à 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’É𝘁𝗮𝘁, 𝗮𝘂 𝗱𝗶𝗮𝗹𝗼𝗴𝘂𝗲 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹 𝗲𝘁 𝗮𝘂 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗲 𝗱’é𝗴𝗮𝗹𝗶𝘁é 𝗱𝗲𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗹𝗼𝗶.
Trois ans après le 30 août 2023, le chef de l’État veut inscrire la nouvelle séquence politique du Gabon dans une logique de réforme durable. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la transformation du pays ne peut reposer sur les seules déclarations politiques ni sur la volonté d’un dirigeant. Elle doit, selon lui, s’appuyer sur des institutions solides, des lois justes, une administration efficace et des citoyens pleinement engagés.
Un message qui traduit une volonté de passer d’une logique de rupture à celle de la construction institutionnelle. « Réformer ne signifie pas gouverner loin du peuple », a-t-il insisté, rappelant que les changements engagés peuvent susciter des inquiétudes lorsqu’ils bouleversent les habitudes, remettent en cause certains intérêts ou imposent de nouvelles exigences.
Écouter avant de décider
Face à ces résistances, le président demande à l’administration de revoir sa méthode. Écouter avant de décider, expliquer avant d’appliquer et corriger lorsque la réalité l’exige : trois principes présentés comme indispensables à la réussite des réformes.
Cette exigence marque également une reconnaissance des tensions qui peuvent accompagner les transformations de l’État. Le président dit entendre les préoccupations des travailleurs et des partenaires sociaux et réaffirme son attachement au droit de grève et à la liberté syndicale, dans le respect du cadre légal.
Mais cette ouverture au dialogue s’accompagne d’une ligne rouge : la continuité des services essentiels et le fonctionnement de l’État doivent être préservés.
[29/08 22:02] JB: Pour le chef de l’État, le dialogue social ne doit donc être ni une confrontation permanente ni un instrument de blocage. « L’État doit écouter et négocier de bonne foi », affirme-t-il, tout en appelant les partenaires sociaux à formuler des propositions responsables. L’équilibre recherché est clair : garantir les libertés sans laisser les désaccords sociaux conduire à la paralysie du pays.
L’égalité devant la loi comme pierre angulaire
Autre axe fort du discours : la responsabilité individuelle devant la loi.
Brice Clotaire Oligui Nguema rappelle que l’égalité devant la loi constitue un principe constitutionnel auquel nul ne peut se soustraire. Le principe, souligne-t-il, doit s’appliquer à tous les secteurs et à toutes les catégories de la société.
Membres du gouvernement, magistrats, avocats, responsables civils ou militaires, professionnels de santé, agents publics ou opérateurs économiques : chacun doit répondre de ses actes.
Derrière cette affirmation se dessine l’une des ambitions majeures affichées par le pouvoir : construire un État dans lequel la fonction occupée ne protège plus de la responsabilité. Le message est à la fois politique et institutionnel. La modernisation de l’État ne peut, selon le président, être crédible sans une justice du principe commun et une administration soumise aux mêmes exigences de responsabilité.
Réformer avec le peuple, construire pour l’avenir
À Makokou, le discours présidentiel prend ainsi la forme d’une feuille de route davantage que d’un simple bilan. L’enjeu n’est plus seulement de transformer les structures de l’État, mais de faire accepter et comprendre ces changements par ceux qui les vivent au quotidien.
Trois ans après la Journée nationale de la Libération, le chef de l’État veut donc conjuguer réforme et écoute, autorité et dialogue, liberté et continuité de l’État.
Une équation délicate, mais déterminante pour la suite. Car si la transformation du Gabon doit être durable, elle devra autant se mesurer à la solidité des institutions qu’à la capacité du pouvoir à convaincre les citoyens que les réformes engagées sont réellement conduites dans leur intérêt.
À la veille du 30 août, le président Brice Clotaire Oligui Nguema fixe ainsi le cap : réformer sans exclure, gouverner sans s’éloigner du peuple et faire de l’égalité devant la loi l’un des fondements du Gabon en construction.
