[Gabon]/Cyclisme gabonais : entre héritage, abandon et espoir de renaissance

L’histoire du cyclisme gabonais ne s’est pas écrite en un jour. Elle s’est bâtie sur l’engagement, la passion et les sacrifices d’hommes convaincus que le sport pouvait rassembler, former, et faire rayonner le pays sur la scène internationale. Parmi eux, Thomas Franck Eya’a, figure emblématique et l’un des fondateurs de la Fédération gabonaise de cyclisme, continue de porter un regard lucide et préoccupé sur l’état actuel de la discipline au Gabon.

Tout a commencé à une époque où le Gabon ne possédait pas encore de fédération dédiée au cyclisme. Seule existait l’Association nationale de cyclisme, à la tête de laquelle Thomas Franck Eya’a fut nommé trésorier à son retour de France. Très vite, une nécessité s’est imposée, celle de transformer cette association en une véritable fédération, conformément aux règles de structuration sportive qui exigent au moins trois ligues, chacune composée d’un minimum de trois clubs.

Avec ses collègues, il s’est alors lancé dans une entreprise titanesque de créer les clubs, structurer les ligues, équiper les athlètes, souvent à leurs propres frais, pour donner corps à une fédération crédible. Ce travail acharné a permis au Gabon de voir naître sa Fédération nationale de cyclisme (FEGACY), dont Thomas Franck Eya’a devint le président. Grâce à ce statut, il put représenter le pays à des événements de prestige, comme la fusion historique des fédérations cyclistes amateures et professionnelles lors d’un congrès à Orlando, aux États-Unis, événement fondateur de l’actuelle Union cycliste internationale (UCI).

La Tropicale Amissa Bongo, vitrine du Gabon sportif

Sous sa présidence, le cyclisme gabonais atteindra des sommets avec l’organisation de la Tropicale Amissa Bongo, course internationale commandée par feu président de la République Omar Bongo Ondimba. L’objectif était clair, celui d’attirer les grands noms du cyclisme mondial, notamment ceux du Tour de France, et élever le niveau du cyclisme africain. Ce pari audacieux fut un succès. Le Gabon, grâce à cette initiative, s’est inscrit sur la carte du cyclisme mondial et a contribué à tirer vers le haut tout un continent. Cette dynamique a valu à Thomas Franck Eya’a des responsabilités régionales, notamment en tant que vice-président et trésorier général de la Confédération africaine de cyclisme.