L’Université Omar Bongo Ondimba (UOB) a accueilli ce mardi la cérémonie officielle de présentation de l’ouvrage : L’émergence de la science politique en Afrique*, signé par Libéral Privat Biveghe Bi Engueng, docteur en sciences politiques et professeur de philosophie.
L’événement s’est déroulé devant un public composé majoritairement d’étudiants du département de science politique, venus découvrir les réflexions du chercheur sur la construction d’un savoir politique véritablement enraciné dans les réalités africaines.

Dans son livre, l’auteur interroge les fondements mêmes de la discipline et propose une relecture de la gouvernance africaine à travers des outils conceptuels adaptés au continent. Il invite à dépasser ce qu’il nomme « l’approche par le haut », une grille d’analyse héritée des modèles occidentaux et souvent inapte à saisir la complexité des sociétés africaines.
Selon Libéral Privat Biveghe Bi Engueng, la science politique africaniste doit aujourd’hui s’appuyer sur des structures locales, des méthodes endogènes et une compréhension fine des contextes sociopolitiques. « Le thème principal de l’ouvrage est l’émergence de la science politique en Afrique francophone, accompagné d’un sous-thème portant sur les nouvelles épistémologies de la science politique africaniste* », a-t-il rappelé devant l’assistance.
L’auteur explique avoir été motivé par les limites théoriques auxquelles se heurtent de nombreux spécialistes — politistes, sociologues, philosophes ou historiens — lorsqu’ils tentent d’appréhender l’Afrique contemporaine avec des cadres importés. Pour lui, cette difficulté conduit à une vision réductrice, figée, qu’il qualifie d’« Afrique officielle », loin de la diversité et de la profondeur des réalités vécues.

À travers cet ouvrage, Libéral Privat Biveghe Bi Engueng plaide pour une réappropriation pleine et consciente de l’essence africaine dans la production scientifique. Il appelle à une transformation épistémologique : adopter des concepts et des méthodes en adéquation avec l’histoire, les dynamiques sociales et les identités propres aux sociétés africaines.
La présentation s’est achevée sur un échange nourri entre l’auteur et les étudiants, témoignant de l’intérêt croissant pour la construction d’une science politique authentiquement africaine.
