[Gabon]/ Politique : Entretien avec le Révérend Georges Bruno NGOUSSI

Leader de l’Église Internationale Nazareth, ancien 4ᵉ Vice-Président du Sénat de la Transition

News Africaines : Révérend Georges Bruno NGOUSSI, vous avez passé deux ans plein au Sénat gabonais en tant que 4ᵉ Vice-Président durant la période de transition. Quel bilan faites-vous de cette expérience, à la fois sur le plan politique et institutionnel, en tant qu’homme de Dieu ?

Révérend Georges Bruno NGOUSSI :
Ce fut pour moi une expérience extrêmement enrichissante et formatrice. J’ai eu l’insigne honneur de bénéficier de la confiance du Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, qui m’a nommé 4ᵉ Vice-Président du Sénat pendant la transition. Cette responsabilité, je l’ai assumée avec sérieux, loyauté et sens du devoir. Nous avons travaillé avec rigueur pour accompagner cette phase délicate de notre histoire nationale, en servant avant tout le peuple gabonais. J’ai également pu observer de l’intérieur le fonctionnement de cette haute institution, ce qui m’a permis de mieux comprendre les enjeux de gouvernance, de législation et de responsabilité publique

News Africaines :Cette immersion dans l’arène politique a-t-elle éveillé en vous une ambition politique durable, ou marque-t-elle plutôt un retour total à votre sacerdoce ?

Révérend Georges Bruno NGOUSSI :
Je ne le cache pas, cette réflexion m’a traversé l’esprit, notamment au moment de la préparation des élections. Je me suis dit que, si le Chef de l’État m’avait accordé sa confiance en me nommant, il serait cohérent de la lui rendre en sollicitant à mon tour la confiance du peuple à travers un mandat électif. Malheureusement, ma candidature a été invalidée et mes bulletins n’étaient pas présents dans les bureaux de vote. Quoi qu’il en soit, je crois avoir accompli la mission qui m’était confiée. Aujourd’hui, je demeure disponible pour servir, sous toute forme utile, dans le respect de la volonté divine et des institutions de la République.

News Africaines :La Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH) suscite de vifs débats au sein de l’opinion. Quel est votre regard sur cette réforme, ainsi que sur l’exclusion du député Fiacre MPAKO NGOMA de son parti ?

Révérend Georges Bruno NGOUSSI :
À première vue, j’étais moi-même réservé vis-à-vis de cette loi. Toutefois, après l’exposé détaillé du ministre de l’Économie et les réponses apportées à nos interrogations, la mesure est apparue plus claire. Il est compréhensible que le citoyen lambda s’y oppose instinctivement, car nul n’accepte aisément une nouvelle taxe. Cependant, cette contribution est indexée sur le type de compteur électrique. Les détenteurs de compteurs sociaux en sont automatiquement exonérés. Ainsi, seuls les foyers réellement imposables sont concernés, ce qui introduit une certaine équité fiscale.

Concernant le cas du député Fiacre MPAKO NGOMA, il faut se référer à la Constitution gabonaise. Celle-ci consacre le principe du mandat non impératif : un élu n’est pas tenu de voter systématiquement selon la ligne de son parti. Toutefois, l’article 39 précise que le siège devient vacant si l’élu quitte ou est exclu du parti qui l’a investi, dans les conditions prévues par les statuts. C’est donc une application stricte du texte constitutionnel.

News Africaines : La dépravation des mœurs est un sujet de préoccupation nationale. Quel regard portez-vous sur cette question, à la fois comme acteur politique et leader religieux ?

Révérend Georges Bruno NGOUSSI :
C’est une question cruciale. Le Gabon a beaucoup souffert d’une mauvaise gouvernance et d’une perte de repères. Lorsque le Président de la République a pris ses responsabilités le 30 août 2023, il a posé un acte fort en consacrant le pays à Dieu. L’Église ne peut rester passive. Elle doit invoquer Celui qui détient les solutions. C’est dans cet esprit que nous avons célébré le 10ᵉ anniversaire du mouvement 12-12, symbole de la prière collective pour la nation. Nous croyons fermement à la libération spirituelle et morale du Gabon.

News Africaines :Quel bilan tirez-vous de l’année qui s’achève et quelles perspectives pour 2026 au sein de l’Église Internationale Nazareth ?

Révérend Georges Bruno NGOUSSI :
Le bilan est globalement positif. Cette année marque la fin de la transition et la pose des fondations de la 5ᵉ République, tant sur le plan politique que spirituel. Pour l’Église Internationale Nazareth, 2026 sera une année de consolidation, d’expansion et d’engagement accru au service de la nation, dans la prière, l’action sociale et l’accompagnement des institutions.