L’élimination du Gabon dès la phase de groupes de la CAN 2025 a servi de prétexte à une démonstration de force aussi spectaculaire que préoccupante des autorités gabonaises. Dissolution du staff technique, suspension annoncée de l’équipe nationale, mise à l’écart définitive de joueurs emblématiques : sous couvert de sanctionner des prestations jugées « indignes », le pouvoir exécutif semble surtout avoir franchi une ligne rouge.
Car dans le football moderne, l’ingérence politique n’est pas une option, mais une faute. Les statuts de la FIFA sont sans ambiguïté : les fédérations nationales doivent gérer leurs affaires en toute indépendance. Or, décider du sort d’une sélection, écarter des joueurs ou suspendre une équipe relève exclusivement de la FEGAFOOT, pas de l’État. En agissant ainsi, le gouvernement gabonais ne corrige pas un échec sportif ; il expose le pays à des sanctions lourdes et prévisibles.
L’histoire récente l’a montré au Nigeria, au Zimbabwe ou au Mali : chaque intrusion de l’État dans la sphère fédérale s’est soldée par des suspensions, un gel des financements et un isolement sportif durable. Les premières victimes ne sont jamais les dirigeants, mais les joueurs, les clubs et les jeunes talents.
En appelant la FEGAFOOT à « prendre ses responsabilités » après avoir déjà tranché à sa place, les autorités jouent un double jeu dangereux. Le véritable défi n’est plus sportif : c’est celui du respect des règles internationales et de la crédibilité institutionnelle du Gabon.
