[Gabon]/Société Élections professionnelles:faut-il reporter le scrutin pour éviter une crise ?

À l’approche du 22 avril, ce ne sont plus seulement des divergences techniques qui agitent le processus des élections professionnelles, mais bien une crise de confiance qui s’installe entre les acteurs du dialogue social.

Loin d’un simple désaccord sur le calendrier, la situation actuelle révèle un malaise plus profond : celui d’un processus électoral dont la crédibilité est désormais ouvertement questionnée. Réunis ce lundi 13 avril à la fontaine publique avec le gouvernement, les partenaires sociaux n’ont pas caché leur inquiétude face à ce qu’ils perçoivent comme une précipitation risquée.

Le cœur du problème ne réside pas uniquement dans des incohérences juridiques relevées dans les textes encadrant le scrutin. Il s’agit surtout d’un déficit de consensus. Pour de nombreux syndicats, maintenir coûte que coûte la date du 22 avril, malgré les zones d’ombre persistantes, revient à fragiliser d’emblée la légitimité des résultats à venir.

Dans ce contexte, les syndicalistes plaident clairement pour un report du scrutin. Une demande qu’ils justifient par la nécessité de mieux s’organiser, de clarifier les règles du jeu et de garantir une participation équitable de toutes les parties. « Aller aux élections dans ces conditions, c’est exposer le processus à des contestations inévitables », prévient le président du Dynamique Unitaire Roger ONDO ABESSOLO

En face, le gouvernement semble déterminé à tenir le cap, au nom de la continuité institutionnelle. Une posture qui, si elle se maintient, pourrait transformer une échéance administrative en véritable test politique.

Car au-delà des élections elles-mêmes, c’est la qualité du dialogue social au Gabon qui se joue. Un scrutin contesté pourrait durablement entamer la relation entre l’État et ses partenaires.

À quelques jours de l’échéance, l’urgence n’est peut-être plus d’organiser vite, mais d’organiser juste. Le gouvernement acceptera-t-il de temporiser pour préserver la crédibilité du processus ?