[Gabon]/– Politique] Le RPM fustige la sortie « néfaste » d’Ali Bongo

Le Rassemblement pour la patrie et la Modernité (RPM), membre de la majorité présidentielle, a vertement pris à partie l’ancien président Ali Bongo Ondimba, après que ce dernier, depuis l’Europe, s’est autorisé à critiquer publiquement le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema. Une saillie jugée non seulement inopportune, mais proprement indécente, par un parti qui n’a pas manqué de rappeler à l’ex-dirigeant l’étendue de ce qu’il doit à ceux-là mêmes qui ont veillé sur sa sécurité.

C’est par voie de communiqué, rendu public le jeudi 4 juin 2026, que le RPM — conduit par son président intérimaire Jean-Robert Goulongana — a choisi de monter résolument au créneau. Le parti dit avoir pris connaissance, « avec étonnement », de la déclaration diffusée la veille par Ali Bongo Ondimba par le truchement d’un mandataire et porte-parole, en réaction à l’entretien accordé le 2 juin par le président Oligui Nguema à la chaîne France 24.

Dès l’entame, le RPM pointe une contradiction criante : comment un homme qui revendique la pleine possession de ses facultés peut-il juger nécessaire de s’abriter derrière un porte-voix pour répliquer au chef de l’État ? Cette démarche en demi-teinte, relève le parti avec une ironie à peine voilée, « suscite des interrogations légitimes quant à sa portée et à sa signification ».

L’ingratitude érigée en faute politique

Le ton se fait plus cinglant lorsque le RPM aborde le fond du litige : le caractère particulièrement agressif du communiqué d’Ali Bongo à l’égard d’Oligui Nguema est tenu pour inacceptable, au regard du traitement bienveillant dont l’ancien président aurait bénéficié au lendemain du coup de force du 30 août 2023.

Le parti rappelle avec insistance que les autorités de la transition ont pris soin de garantir l’intégrité physique de l’ex-chef d’État dans un contexte d’une extrême volatilité, avant de lui consentir — ainsi qu’aux membres de sa famille — la faculté de quitter le territoire national pour s’établir à l’étranger. Et ce, précise le communiqué, « pour des raisons essentiellement humanitaires », assorties de la prérogative de rentrer librement au Gabon.

Mordre la main qui l’a protégé et préservé de l’opprobre : tel est, en substance, le grief rédhibitoire que le RPM articule à l’encontre de celui qui gouverna le Gabon pendant quatorze années.