Le gouvernement gabonais espère désamorcer l’un des premiers mouvements sociaux d’ampleur observés dans l’enseignement supérieur depuis le début de l’année universitaire. Après plusieurs jours de suspension des cours à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM), à Franceville, les autorités assurent que le paiement des vacations des enseignants-chercheurs interviendra dans les prochains jours, conformément aux engagements pris par le président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA.
À l’origine de la crise, le Syndicat national des enseignants et chercheurs (SNEC, section USTM) dénonçait des retards de paiement devenus, selon ses responsables, incompatibles avec la poursuite normale des activités académiques. Les enseignants avaient accordé un ultimatum de trois jours au gouvernement avant d’envisager un durcissement de leur mouvement, faisant planer la menace d’une paralysie durable de l’établissement.
Face à cette montée des tensions, l’exécutif a privilégié une réponse financière tout en mettant en avant une logique de contrôle de la dépense publique. Avant tout décaissement, le ministère du Budget a procédé à un audit de la dette liée aux vacations de l’année académique 2024-2025. Les créances, initialement estimées à 1,5 milliard de francs CFA par les enseignants, ont finalement été arrêtées à 1,2 milliard de francs CFA après vérification des états de paiement, des effectifs concernés et des prestations effectivement réalisées.
Selon une source gouvernementale, « 700 millions de francs CFA sont d’ores et déjà disponibles sur les comptes de l’agence comptable de l’université », permettant d’engager une première vague de paiements. Le reliquat devrait être débloqué dans un second temps, une fois les dernières opérations administratives achevées.
Cette séquence illustre les arbitrages auxquels est confronté le gouvernement dans un contexte où la maîtrise des finances publiques est présentée comme une priorité, tout en répondant aux attentes sociales de secteurs stratégiques tels que l’éducation. Depuis son arrivée au pouvoir, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a multiplié les annonces en faveur de l’amélioration des conditions de vie des agents publics, notamment dans l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur. Mais la récurrence des mouvements de contestation rappelle que les difficultés de trésorerie et les retards de paiement continuent de fragiliser les universités publiques.
Au-delà du règlement attendu de cette dette, l’épisode de l’USTM met en lumière les limites structurelles du financement de l’enseignement supérieur gabonais. Pour les organisations syndicales, la question ne se résume plus au versement ponctuel des vacations : elles plaident désormais pour un mécanisme budgétaire plus prévisible, susceptible de garantir la régularité des rémunérations et d’éviter que chaque rentrée universitaire ne soit marquée par les mêmes tensions sociales.
