Longtemps considérée comme une province aux immenses richesses naturelles mais aux retombées limitées pour ses populations, l’Ogooué-Ivindo entend désormais changer de paradigme. Réunis lors de la première édition du Café politique de la jeunesse Ogivine, samedi 18 juillet, plusieurs centaines de jeunes ont fait entendre une revendication claire : être associés dès aujourd’hui aux décisions qui façonneront l’économie de demain.
À mesure que les projets miniers, notamment autour de l’exploitation du minerai de fer, se précisent, une question s’impose : les emplois et les opportunités bénéficieront-ils réellement aux jeunes de la province ? Pour les participants, le développement ne peut plus être réduit aux investissements ou aux infrastructures. Il doit aussi se mesurer à la capacité des populations locales à accéder aux compétences, aux financements et aux responsabilités.
Les débats ont ainsi dépassé le simple constat des difficultés. Formation professionnelle adaptée aux futurs métiers, accompagnement des entrepreneurs locaux, valorisation des ressources forestières dans une logique de transformation sur place, amélioration des infrastructures de transport et protection de l’environnement : autant de leviers identifiés pour éviter que l’Ogooué-Ivindo ne reste un territoire d’extraction sans véritable tissu économique.
Cette volonté d’anticiper les mutations à venir a trouvé un écho auprès du ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, parrain de la rencontre. Face aux jeunes, il a insisté sur la nécessité de bâtir un développement reposant autant sur l’engagement citoyen que sur l’action publique, invitant les forces vives de la province à mutualiser leurs compétences.
Au-delà des échanges, cette première édition du Café politique de la jeunesse Ogivine révèle une évolution plus profonde : celle d’une génération qui refuse d’attendre que les décisions soient prises ailleurs. En revendiquant une place dans les choix économiques et sociaux qui concernent son territoire, la jeunesse ogivine cherche à faire de l’Ogooué-Ivindo non seulement une province riche en ressources, mais aussi un modèle de développement porté par ses propres habitants.
