Après quinze années d’interruption, l’Université internationale du Cap Estérias a enfin ouvert ses portes. Inauguré jeudi 10 septembre par le président gabonais, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, le complexe universitaire marque l’aboutissement d’un projet lancé en 2008 sous Omar Bongo Ondimba, puis relancé en 2024. Mais, au-delà du symbole politique et architectural, une autre échéance commence : celle des résultats.
Édifié sur 11 hectares, le campus compte 14 bâtiments et doit accueillir, dans un premier temps, près de 4 000 étudiants, avant d’atteindre une capacité de 12 000. Amphithéâtre de 386 places, résidences universitaires, espaces pédagogiques, hôtel-restaurant destiné notamment à la formation pratique : les infrastructures sont désormais visibles. Reste à démontrer qu’elles peuvent produire l’université annoncée.

Car le défi du Cap Estérias ne sera pas seulement de remplir des salles de cours. L’établissement affiche une orientation résolument professionnalisante, autour des sciences de l’éducation, du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration et des technologies. Une stratégie qui répond à une préoccupation récurrente au Gabon : rapprocher l’enseignement supérieur des besoins des entreprises et améliorer l’insertion des jeunes diplômés.
C’est sur ce terrain que le nouveau campus sera véritablement jugé. Combien d’étudiants seront effectivement formés ? Avec quels enseignants ? Quels partenariats seront noués avec les entreprises ? Combien de stages, d’alternances ou de premiers emplois les formations permettront-elles de décrocher ? La capacité annoncée de 12 000 étudiants ne constituera, à elle seule, aucun indicateur de réussite.
L’enjeu est également territorial. L’arrivée de milliers d’étudiants et d’enseignants pourrait stimuler l’économie du Cap Estérias et d’Akanda, en soutenant les secteurs du logement, du transport, de la restauration et des services. Elle suppose toutefois que les infrastructures environnantes puissent suivre le rythme du développement du campus.

L’ambition affichée est enfin régionale. En se présentant comme une université internationale, l’établissement entend attirer des étudiants étrangers et contribuer au positionnement du Gabon comme pôle de formation en Afrique centrale. Là encore, l’attractivité ne se décrète pas. Elle dépendra de la qualité des enseignements, de la reconnaissance des diplômes et de la capacité à nouer des collaborations durables.
Après dix-huit années entre lancement, abandon et relance, le chantier est terminé. Le véritable test commence désormais : transformer 11 hectares de bâtiments en une université capable de former, d’insérer et d’attirer au-delà des frontières gabonaises.
