[Gabon] /Société :la vidéo-verbalisation se rapproche de sa mise en service

LIBREVILLE — Le Gabon s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la numérisation du contrôle routier. Dans le Grand Libreville, les premières installations destinées à la vidéo-verbalisation font actuellement l’objet d’inspections techniques, à quelques jours, selon les autorités, de leur mise en service.

Mardi 29 septembre, la Direction générale de la sécurité routière (DGSR) a effectué une visite de plusieurs sites où doivent être installées les caméras chargées de surveiller les infractions au Code de la route. L’opération visait notamment à vérifier l’état des équipements et leur capacité à fonctionner avant le lancement officiel du dispositif.

Annoncée depuis plusieurs mois par les autorités gabonaises, cette réforme doit modifier les modalités du contrôle routier dans la capitale et ses environs. Les caméras doivent notamment permettre de détecter les excès de vitesse, les franchissements irréguliers des feux de signalisation et les stationnements interdits. L’objectif affiché est de renforcer la sécurité routière tout en limitant la nécessité d’une intervention directe des agents sur le terrain.

Le projet avait été présenté au début de l’année par le ministre d’Etat chargé des transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, comme un outil de modernisation du secteur. Il s’inscrit plus largement dans un programme de digitalisation du transport routier, qui prévoit notamment l’interconnexion de plusieurs bases de données, la création d’un registre national des véhicules et la dématérialisation des procédures de verbalisation.

Mais la mise en place des caméras ne constitue qu’une partie du dispositif. Son efficacité dépendra également de la manière dont les infractions seront authentifiées, enregistrées puis notifiées aux automobilistes. Les autorités devront notamment préciser les modalités de transmission des avis de contravention, les moyens de paiement et les procédures permettant de contester une sanction.

En juillet, Paulin Bekale Mba, chargé d’études à la DGSR, avait décrit un système dans lequel la plaque d’immatriculation du véhicule est automatiquement relevée au moment de l’infraction. Les informations doivent ensuite être transmises aux différents postes de contrôle.

Cette automatisation ouvre une nouvelle phase du contrôle routier au Gabon. Elle soulève aussi des questions sur la fiabilité des équipements, la protection des données et les garanties offertes aux usagers. Avant sa généralisation, le dispositif devra donc démontrer qu’il peut conjuguer efficacité technologique, transparence administrative et respect des droits des automobilistes.