LIBREVILLE, Après l’interruption de la rencontre Gabon-Niger, le 29 septembre dernier, l’Office national de développement du sport et de la culture (ONDSC) sort du silence. Dans un communiqué publié le 2 octobre, l’organisme dirigé par le commandant Loïc Ngouayit-Koubnda annonce une enquête technique et rappelle que les groupes électrogènes du stade Rénovation sont installés depuis 2011. Une explication qui soulève néanmoins des interrogations sur la fiabilité du dispositif de secours électrique.
Quatorze minutes d’interruption en pleine rencontre internationale, et une question qui demeure : comment un stade équipé de groupes électrogènes de secours peut-il encore être paralysé par une coupure d’électricité ? Après l’incident survenu lors du match Gabon-Niger, le 29 septembre dernier à Franceville, l’ONDSC a finalement livré sa version des faits. Mais loin de clore le débat, son communiqué remet au premier plan la question de la maintenance et de la fiabilité des installations du stade Rénovation.
Dans son document daté du 2 octobre, l’organisme chargé de la gestion des infrastructures sportives explique que « l’enceinte dispose de quatre groupes électrogènes de marque JCB, installés depuis 2011, dans le cadre des préparatifs de la CAN 2012. Ces équipements sont censés assurer une alimentation électrique autonome, indépendante du réseau domestique, notamment lors des rencontres internationales ».
Pourtant, malgré l’accompagnement de partenaires techniques chargés de leur gestion et de leur maintenance, l’ONDSC reconnaît que l’incident du 29 septembre n’est pas un cas isolé. Deux précédents ont été enregistrés en janvier 2017 et en juin 2024. *Trois incidents en près de neuf ans : un historique qui interpelle sur la capacité du dispositif à garantir la continuité des événements sportifs internationaux.
DES EQUIPEMENTS VIEUX DE QUINZE ANS, UNE ENQUETE ANNONCEE
Pour expliquer cette nouvelle défaillance, l’ONDSC indique qu’une « investigation approfondie est en cours avec ses partenaires techniques et le fabricant des générateurs ». L’objectif affiché est de déterminer les causes exactes de l’interruption.
Cette démarche est nécessaire. Mais elle ne saurait se limiter à identifier l’origine immédiate de la panne. Elle devra aussi permettre de comprendre pourquoi un dispositif de secours, précisément conçu pour prévenir ce type de situation, n’a pas empêché l’interruption de la rencontre.
L’ancienneté des équipements, installés en 2011, pose également la question de leur état réel, de leur renouvellement éventuel et de l’efficacité des opérations de maintenance. Leur âge ne suffit certes pas, à lui seul, à expliquer la panne. Toutefois, après plusieurs incidents, un bilan technique complet apparaît indispensable.
LA SEEG SALUEE, MAIS DES REPONSES ATTENDUES
Dans son communiqué, l’ONDSC salue le professionnalisme et la réactivité des équipes de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), dont l’intervention a permis de rétablir l’alimentation électrique à partir du réseau public et de reprendre le match après quatorze minutes d’arrêt.
Une réaction qui a permis de limiter la durée de l’incident, mais qui ne répond pas à la question centrale : pourquoi le système autonome censé prendre le relais n’a-t-il pas assuré sa fonction ?
Au-delà de cet épisode, c’est la préparation des infrastructures sportives qui se trouve interrogée. Lorsqu’un pays accueille des rencontres internationales, la disponibilité de l’électricité, la qualité de la pelouse et le fonctionnement des équipements techniques constituent des exigences essentielles.
L’ONDSC affirme vouloir garantir de meilleures conditions de sécurité et de fonctionnement des infrastructures sportives. Cette ambition devra désormais se traduire par des résultats concrets : les conclusions de l’enquête, les mesures correctives envisagées et les garanties apportées pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise.
Car à Franceville, le problème ne se résume plus à quatorze minutes sans lumière. Il pose une question plus large sur la fiabilité des équipements et la capacité des infrastructures sportives gabonaises à répondre durablement aux exigences du football international. l’alerte est lancée par l’ONDSC. Les plus hautes autorités doivent dès maintenant réagir pour trouver une solution durable à ce problème technique dont le dignostic imparable a été livré par l’ONDSC.
:
