Volcan Nyiragongo : le gouvernement critiqué, la situation est « sous contrôle », assure le président de RDC
La situation est « grave » mais « sous contrôle » après l’éruption du volcan Nyiragongo et l’évacuation de plusieurs centaines de milliers d’habitants de la ville de Goma, a assuré, samedi 29 mai, le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi, en réponse aux critiques croissantes concernant la gestion de la crise par le gouvernement.
Lors d’une conférence de presse, M. Tshisekedi a jugé qu’il « fallait absolument évacuer la ville », en référence à l’évacuation soudaine et chaotique de jeudi, alors « qu’on ne sait toujours pas ce qu’il peut se passer ». « Il y a une coulée souterraine de lave qui peut surgir à tout moment (…) dans la ville, a-t-il rappelé, déconseillant vivement de rentrer à Goma. »
« Nous avons un problème de déplacés, mais au moins sont-ils en vie, les faire revenir serait très dangereux », a souligné le chef de l’Etat.
« Gestion au pifomètre »
Ces déplacés, estimés à environ 400 000 par le gouvernement, « ont fui dans plusieurs directions », et « il est difficile d’avoir leur nombre exact pour organiser une prise en charge efficace, voilà pourquoi il y a eu un temps qui s’est passé », a-t-il expliqué, alors que les critiques enflent dans le pays quant à la gestion de l’éruption soudaine du 22 mai – à la suite de laquelle au moins 34 personnes ont trouvé la mort –, et l’évacuation de jeudi ordonnée sans aucune organisation apparente ni soutien logistique.Lire aussi Volcan Nyiragongo : « On parle de 400 000 à 1 million de personnes déplacées »
Beaucoup avaient déjà vu dans l’éruption du 22 mai une illustration des « faillites de l’Etat », « aucun dispositif d’alerte n’ayant fonctionné », faute de budget, notamment, et « d’une gestion au pifomètre », avait ainsi estimé le journal EcoNews, jugeant que « la population a eu l’impression d’avoir été abandonnée à son triste sort ».
Après l’éruption, le gouvernement a dépêché, à grand renfort de déclarations rassurantes, une importante délégation ministérielle à Goma, enchaînant promesses d’aide et visites de « réconfort » aux sinistrés. Mais les conditions de l’évacuation de jeudi ont ravivé les critiques.
Trois scénarios principaux pour les jours à venir
« Mettre des véhicules à disposition lors de l’évacuation, c’est très difficile », a reconnu à ce propos le président Tshisekedi. « Aujourd’hui nous sommes en voie de pouvoir commencer à déployer de l’eau potable ainsi que des vivres » sur les sites où les déplacés ont trouvé refuge, a-t-il néanmoins affirmé.
« Ces déplacés ne le sont que pour quelque temps, le plus grand travail sera à Goma, où il y a 5 000 maisons détruites » par les coulées de lave, a-t-il anticipé, tout en promettant d’organiser des convois de retour. Il a, par ailleurs, lancé un « appel aux dons », même si « un budget sera dégagé », dont la gestion sera « transparente ».
L’Observatoire volcanologique de Goma (OVG) liste désormais trois scénarios principaux pour les jours à venir : « Le magma reste sous terre sans éruption », avec ou sans la poursuite des secousses telluriques observées durant ces derniers jours ; ou les tremblements de terre se poursuivent et la lave réapparaît sur la terre ferme.Lire aussi Le Nyiragongo, considéré comme le volcan le plus dangereux d’Afrique
Une quatrième hypothèse catastrophe, celle d’un « glissement de terrain ou un grand tremblement de terre déstabilisant les eaux profondes du lac Kivu – Goma se situe sur la rive septentrionale de cette vaste étendue d’eau – et provoquant l’émergence de gaz dissous », est désormais jugée « beaucoup moins probable », mais elle « ne peut être exclue ».
