Éditorial : Création des ligues nationales

Le ministre de la jeunesse des sports Franck Nguema vient d’annoncer la création de la ligue nationale de football féminin (LNFF), une bonne nouvelle pour le sport féminin en général et football en particulier. Ce nouveau-né vient s’ajouter à quatre autres qui peinent à grandir.

Dans mon analyse simple des rapports de force sur ce sujet ,je noterai que, la vie ne fonctionne pas en fonction de nos désirs puérils, mais des rapports des forces opérationnelles. C’est cela la leçon pour une nation qui rêve de devenir une grande nation sportive qui gagne. Si la création des ligues nationales est un outil pour faire avancer une discipline au Gabon, cela ne semble presque pas vrai, le pays compte désormais cinq ligues nationales, les premières crées à savoir, la ligue nationale de football professionnel (Linafp), ligue nationale élite professionnelle de handball (Lineph ) ,la ligue nationale de basket-ball (Linab), et la quatrième ligue créée par une décision personnelle de l’ex président de la Fegaboxe, ont du mal à prendre de l’ envol comme le prédisent leurs différents textes de création.

La première ligue nationale à voir jour, c’est celle du football, depuis sa création a bénéficié des centaines de milliards de francs CFA, continue de flotter dans sa gestion , après tant d’années son le visage de nouveau-né demeure. Ces derniers année, elle nous offre le championnat le plus médiocre de la sous région, << bien-sûr qu’elle n’est pas totalement responsable de cette situation > > . Elle tient sa survie grâce à l’influence du football masculin dans la vie politique d’une nation, sinon elle allait être au garage.

Quant à la ligue nationale élite professionnelle de handball, créée sous l’impulsion de la marraine d’honneur de cette discipline, Nicole Assele à l’époque secrétaire général du ministère des Sports, était également applaudie par les acteurs qui voyaient en cette entité un cadre pour mieux valoriser le handball devenu à cette période la deuxième discipline collective derrière le football. C’était aussi un moyen permettant aux acteurs de se nourrir du sport dont ils ont choisi. Avec Nicole Assele ministre, la Lineph a connu les temps de bonheur, car elle bénéficiait des financements, l’argent parfois utilisé par les clubs en désordre comme dans le football, sans un véritable contrôle avec comme fameux argument « C’est l’argent de l’état ». elle a fonctionné d’une manière permanente durant deux ans, après le départ de Nicole de la tutelle, c’est là l’effondrement total de cette ligue, elle a dû résister une saison de plus grâce à un financement d’un partenaire trouvé par le bureau avec l’aide de Nicole Assele. Malgré le changement de président à la tête de la Lineph, elle demeure dans l’asile.

La ligue nationale de basket-ball créée également par Nicole durant ses derniers jours à la tutelle, elle prendra forme avec l’installation du bureau, malheureusement après le départ prématuré de Nicole Assele, la Linab devient que l’ombre, malgré la volonté de son bureau de lancer les activités, elle n’a jamais pu bénéficier de l’apport financier de l’état, son existence semble même échapée aux autorités. Les ministres défilent à la jeunesse des sports, sans aucun geste d’intéressement.

Il existe également une ligue nationale de boxe professionnelle, créée par l’ancien président de la fédération gabonaise de boxe, Alfred Bongo, elle semblerait ne pas être reconnue par la tutelle, mais existe et vit le même feuilleton.

Avec la création par Franck Nguema de la ligue nationale de football féminin, dans le souci de booster le football féminin qui se gère d’une manière brouillon, il est fort probable que l’actuel patron du sport pèsera de tout son poids comme il sait d’ailleurs le faire pour atteindre ses objectifs, pour faire vivre ce bébé qui porte sa signature.

Dans un pays où le financement des activités sportives devient une pénitence, à cause des problèmes de trésoreries évoqués de temps en temps ,il suffit d’analyser la situation concrète des trois premières ligues nationales, et en déduire sans risque de se tromper que cette ligue risquerait de subir le même apanage réservé aux autres. En toute logique, il est toutefois raisonnable d’avoir des inquiétudes sur l’avenir de ce nouveau né après le départ de la tutelle de son géniteur.

Ce sont donc ceux qui maîtrisent l’analyse des rapports de force qui font de meilleures prévisions. C’est le moment de réfléchir sur la création d’un fond spécial pour toutes les ligues afin qu’elles soient alimentées et sortir de l’hibernation imposée.

À nous retrouver au mois de janvier pour la première saison de la LNFF.