En RDC, la peine de Vital Kamerhe réduite en appel de vingt à treize ans

(FILES) This file photo taken on September 1, 2016 shows Vital Kamerhe, President of the opposition Citizen Front (Front Citoyen, UNC) party (C) speaking to the media during the opening of a Congolese "National Dialogue" in the Democratic Republic of Congo's capital Kinshasa. Participants in Democratic Republic of Congo's "national dialogue" agreed on October 17, 2016, in the absence of the main opposition group, to push back to April 2018 the presidential election due to take place before the end of the year, negotiators said. The deal, reached during talks in Kinshasa, envisages President Joseph Kabila remaining in power until that date despite the fact that his mandate is due to end in December. / AFP / JUNIOR D.KANNAH

La peine de Vital Kamerhe, condamné pour corruption après avoir été le principal allié de l’actuel président de la République démocratique du Congo (RDC), a été réduite de vingt à treize ans de prison mardi 15 juin en appel, a annoncé son avocat, Me Jean-Marie Kabengela.

Ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, 62 ans, avait été condamné à vingt ans de « travaux forcés » (de la prison dans les faits) il y a un an avec deux coaccusés, dans un procès anticorruption sans précédent qui avait passionné les Congolais

Détournement de fonds

M. Kamerhe a été reconnu coupable du « détournement » de fonds publics « portant sur le montant de 48,831 millions de dollars [40,2 millions d’euros] » avec son principal coaccusé, un entrepreneur libanais, Jammal Samih, 79 ans à l’époque.

M. Kamerhe est accusé d’avoir détourné les fonds alloués à la construction de 1 500 logements sociaux dans le cadre du programme dit des « 100 jours » annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi, après son investiture, le 24 janvier 2019.

Originaire de Bukavu, dans l’est de la RDC, M. Kamerhe a été le principal allié de Félix Tshisekedi lors de sa victoire à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. Lui-même candidat, M. Kamerhe s’était désisté au profit de M. Tshisekedi. Les deux hommes avaient conclu un accord politique prévoyant que M. Kamerhe soit candidat à la prochaine élection en 2023

« Justice expéditive »

M. Kamerhe clame son innocence et ses avocats dénoncent une « justice expéditive ». Ses partisans parlent d’un « procès politique » pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2023. Une manifestation pro-Kamerhe a été dispersée mardi soir à Kinshasa, ont rapporté des témoins.

Commencé en août, son procès en appel a été marqué par le renvoi de nombreuses audiences. La peine du coaccusé de M. Kamerhe, Jammal Samih, a été ramenée de vingt à six ans, d’après Me Kabengela. La peine d’un troisième coaccusé a été ramenée de deux à un an.