Gabon :Bertrand Nzibi, une libération stratégique selon un universitaire.

Après six années passées à la prison centrale de Libreville, l’ancien député du district de Bolossoville dans le département du Haut Ntem, a été libéré le 13 septembre 2022. Cette sortie de prison écoule une avalanche d’analyses dans tous les bords politiques et au sein de la société civile.

L’ancien bras droit d’Ali Bongo Ondimba, devenu opposant après sa démission historique du PDG en se débarrassant de son écharpe de député de cette formation politique devant le président de la République en retournée républicaine à Bolossoville en 2016, avait été arrêté le 31 août lors d’un saut de l’armée au siège du candidat Jean Ping.

Après trois ans de détention provisoire, Bertrand Zibi avait été condamné en juillet 2019 en première instance, puis en mars 2021 en appel, à six années de prison pour « instigation aux violences et voies de fait et détention illégale d’armes à feu ». Mais l’opposition, des associations de défense des droits de l’homme et les parents considéraient Zibi comme prisonnier politique.

Après avoir purgé sa peine, il a retrouvé la liberté dans la nuit du 13 septembre 2022, alors qu’une organisation spéciale était au programme pour l’accueillir à sa sortie de prison. Les autorités judiciaires, ont dû éviter ces manifestations qui virent parfois aux excès.

Depuis sa mise en liberté, Bertrand Zibi est accueilli en héros dans tous les lieux et coin du Gabon. Pour Guy François Mabiala, professeur en droit politique dans une université française, la libération de Zibi est stratégique. « La libération Bertrand Zibi Abeghe, qui jouit de la double nationalité gabonaise et américaine, a été bien planifié. Nous sommes à 10 mois de l’élection présidentielle, plusieurs candidats se sont déjà déclarés, afin de bousculer la hiérarchie de la popularité au sein de l’opposition, la libération de Zibi Abeghe est un moyen.

Voyant la cote de popularité qu’incarne Zibi, il est probable qu’il soit candidat ».

Du côté de la majorité présidentielle, sa libération porterait également de la crainte.  » Le PDG qui se porte bien dans la localité natale de Bertrand Zibi ces cinq dernières années, pourrait en par conséquent être le plus le perdant. En toute vérité, il serait difficile de voir le parti au pouvoir faire un bon résultat à Minvoul, pour moi, c’est déjà une localité vendue délibérément à l’opposition ». A conclu le politologue

Bertrand Zibi Abeghe avait été arrêté le 31 août 2016 au siège du candidat de l’opposition Jean Ping, candidat malheureux face à Albi Bongo, au terme d’une élection qui avait occasionné des violences faisant ainsi quatre morts selon le gouvernement, trente mort selon l’opposition.

La Rédaction