[Gabon]/ : Eboro-Ntem, les parents dénoncent une école privée catholique laissée à l’abandon

EBORO-NTEM à quelques jours de la rentrée scolaire au Gabon, la situation de l’école privée catholique d’Eboro-Ntem suscite colère et inquiétude parmi les habitants. Dans cette localité, les parents dénoncent depuis plusieurs années des dysfonctionnements qui, selon eux, compromettent sérieusement la scolarité de leurs enfants.

L’établissement semble, progressivement sombrer dans l’abandon. Envahie par les herbes, l’école ne fonctionnerait pas normalement depuis près de deux ans. Les élèves alterneraient entre de longues périodes passées à la maison et des journées d’école marquées par l’absence ou l’insuffisance des enseignements.

Une situation d’autant plus préoccupante que, selon les parents, certains enfants seraient néanmoins admis dans les classes supérieures en fin d’année scolaire, sans avoir bénéficié d’un apprentissage régulier.

« Cela fait maintenant près de deux ans que nos enfants ne vont pas normalement à l’école. Tantôt ils sont à la maison, tantôt ils vont en classe. Mais, à la fin de l’année, ils passent dans la classe supérieure. Nous nous demandons quand et comment ils ont réellement appris », dénonce NEGUE Rachelle, habitante et originaire d’Eboro-Ntem.

Les cris des parents ne s’arrêtent pas là. Certains habitants accusent également des enseignants de ne pas assurer régulièrement les cours. Selon leurs témoignages, des élèves seraient parfois laissés seuls dans les salles de classe, tandis que des enseignants se rendraient dans des établissements de restauration ou des bistrots du village. Livrés à eux-mêmes, certains enfants seraient alors contraints de rentrer chez eux avant l’heure normale de sortie.

Les parents estiment également que leurs enfants seraient, dans certains cas, davantage encadrés par des stagiaires que par des enseignants titulaires. Une situation qu’ils jugent inacceptable pour une école censée assurer les fondements de l’éducation des plus jeunes.

À l’approche de la nouvelle rentrée scolaire, les habitants d’Eboro-Ntem lancent ainsi un appel pressant aux autorités administratives et éducatives. Ils demandent notamment une intervention du ministère de l’Éducation nationale afin qu’une enquête soit menée sur le fonctionnement réel de l’établissement.

« Nous demandons aux autorités de venir voir par elles-mêmes ce qui se passe. Nous n’en pouvons plus. L’avenir de nos enfants est en jeu et nous voulons que la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, ait un regard sur cette situation », insiste NEGUE Rachelle.

Au-delà du cas d’Eboro-Ntem, cette alerte pose une question plus large : comment garantir l’égalité des chances entre les enfants gabonais lorsque, dans certaines localités, l’accès même à une éducation régulière semble compromis ? À l’heure où le gouvernement prépare une nouvelle rentrée scolaire, les parents d’Eboro-Ntem attendent désormais des réponses concrètes. Car pour eux, il ne s’agit plus seulement de rouvrir les classes, mais de sauver une génération d’élèves menacée par deux années d’apprentissage incertain.