Gabon / Enseignement supérieur : à Libreville, les universitaires questionnent les failles des modèles de gouvernance

Ouvert le 23 avril à l’Université Omar Bongo, le colloque international en hommage au professeur Hugues MOUCKAGA prend une tournure résolument critique. Derrière l’hommage académique, c’est une remise en cause frontale des modèles actuels de gouvernance qui se dessine.

Durant trois jours, chercheurs, juristes et politologues interrogent les fondements mêmes de l’État contemporain. Au cœur des débats : une question insistante , pourquoi les systèmes hérités peinent-ils à répondre aux attentes des citoyens ? Centralisation excessive, déficit de redevabilité, fragilité des institutions : autant de limites pointées par les intervenants.

Pour Eliane BOUENDJA, présidente du comité d’organisation, « il ne s’agit plus seulement d’analyser, mais de déconstruire certains réflexes institutionnels qui freinent l’efficacité de l’action publique ». Une déclaration qui donne le ton d’un colloque sans complaisance.

Les participants dénoncent également une gouvernance souvent déconnectée des réalités sociales, où les décisions publiques peinent à produire des effets tangibles. En filigrane, c’est la question de la légitimité de l’État qui est posée, notamment dans sa capacité à instaurer une relation de confiance durable avec les citoyens.

En revisitant les enseignements de l’Antiquité, les intervenants cherchent moins à idéaliser le passé qu’à en extraire des principes structurants : équilibre des pouvoirs, sens de la mesure, responsabilité des gouvernants. Des repères jugés essentiels face aux dérives contemporaines.

Au-delà du constat critique, ce colloque ambitionne de formuler des pistes de refondation. Car pour nombre d’universitaires, l’urgence n’est plus à l’ajustement, mais à une transformation en profondeur des mécanismes de gouvernance. À Libreville, le débat est lancé et il pourrait bien résonner au-delà des amphithéâtres.