Libreville dans une déclaration à la presse, l’acteur politique Jeff Gaël R. Apanga a fermement condamné des propos attribués à Ange Landry Beng, connu sous le pseudonyme de « Kiki Lanlair », et diffusés sur les réseaux sociaux, visant le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ainsi que des membres de sa famille.
Sous le titre « La liberté d’expression n’est pas la liberté d’injurier », Jeff Gaël R. Apanga estime que la critique du pouvoir demeure pleinement légitime dans une démocratie, mais qu’elle ne saurait se transformer en attaques personnelles ou en propos visant les proches d’un responsable politique.
L’acteur politique a toutefois pris soin de préciser que l’authenticité et les circonstances exactes des publications devront être établies par les autorités compétentes. « Le Président de la République peut être critiqué. Son Gouvernement peut être critiqué. Ses décisions peuvent être contestées », rappelle-t-il, avant d’opérer une distinction entre débat politique et injure.
Une réponse par le droit
Jeff Gaël R. Apanga affirme avoir engagé les démarches nécessaires en vue de saisir les juridictions et autorités compétentes afin que les faits attribués à Ange Landry Beng soient examinés. Les éléments numériques dont il dispose devraient, selon lui, être transmis aux autorités judiciaires afin de permettre l’établissement des faits et d’éventuelles responsabilités.
L’acteur politique insiste sur le fait que cette démarche ne constitue pas un appel aux représailles. Il dit privilégier « le droit » à la justice populaire et rappelle que seule la justice doit déterminer les responsabilités éventuelles.
Sa déclaration s’appuie également sur les principes encadrant la liberté d’expression, notamment ceux consacrés par les instruments internationaux relatifs aux droits humains. Selon lui, cette liberté implique aussi des responsabilités, particulièrement lorsqu’il est question de l’honneur et de la réputation d’autrui.
« Élever le débat public gabonais »
Au-delà du cas du chef de l’État, Jeff Gaël R. Apanga entend inscrire sa démarche dans un débat plus large sur les pratiques politiques et l’expression publique au Gabon. Il appelle la majorité comme l’opposition, mais aussi les activistes, journalistes, influenceurs et citoyens à davantage de responsabilité dans les échanges publics.
Pour lui, la démocratie doit pouvoir accueillir la contradiction, la satire et la contestation sans basculer dans l’attaque personnelle. « Nous pouvons être adversaires sans devenir ennemis », soutient-il, appelant à distinguer le combat contre les idées de l’atteinte à la dignité des personnes.
Cette prise de position intervient alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans le débat politique gabonais, faisant régulièrement émerger des interrogations sur les limites de la liberté d’expression et sur la responsabilité des auteurs de contenus diffusés en ligne.
Pour Jeff Gaël R. Apanga, le principe à défendre dépasse donc la personne du président : la dignité humaine, estime-t-il, ne devrait pas avoir de coloration politique.
