Le lundi 10 novembre 2025 marque l’ouverture, au Cour criminelle spéciale de Libreville, du procès très médiatisé de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, poursuivis pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, corruption, association de malfaiteurs, entre autres chefs d’inculpation.
L’absence des deux prévenus à l’audience .
ils ont fait savoir qu’ils ne se rendraient pas au Gabon, étant actuellement à Londres et dénonçant un « procès-spectacle » , constitue l’un des traits saillants de cette affaire.
Enjeux juridiques
La procédure retenue par les autorités gabonaises repose sur la possibilité de juger par contumace , c’est-à-dire en l’absence des accusés , conformément à l’article 145 du code de procédure pénale gabonais.
Cela signifie que l’absence de Sylvia Bongo et de Noureddin Bongo ne bloque pas l’ouverture du procès et ne remet pas en cause, en droit, la validité de la session. Le procureur général, Eddy Minang, a d’ailleurs affirmé que toutes les diligences avaient été accomplies pour assurer un procès équitable, malgré l’absence des prévenus.
Incidence pratique et symbolique
Sur le plan pratique, leur non-comparution limite leurs droits de défense en audience , confrontation directe, interrogatoire, et même présence physique auprès de leurs avocats. Sur le plan symbolique, le procès devient une vitrine de la nouvelle donne politique au Gabon : après le coup d’État du 30 août 2023, il s’inscrit comme un signal fort de la volonté des nouvelles autorités de rompre avec les anciennes pratiques relatives à l’impunité.
Mais cette même absence alimente aussi les critiques : la défense dénonce un procès mené « à distance », qui pourrait être perçu à l’étranger comme un manque de transparence. L’enjeu pour la justice gabonaise sera de garantir que la procédure respecte les garanties du contradictoire et du droit à la défense, pour éviter de laisser planer un doute sur sa légitimité.
En conclusion, l’ouverture de ce procès marque un tournant dans la lutte contre la corruption au Gabon. Même sans la présence des principaux accusés, l’État affirme son contrôle du dossier ; mais la crédibilité de cette démarche dépendra désormais de la tenue effective d’un procès équitable et de la gestion rigoureuse du volet défense et procédure.
