[Gabon]/: l’UPG plaide pour une réforme de la Fonction publique fondée sur la performance et le dialogue

alors que le projet de réforme de la Fonction publique suscite depuis plusieurs jours débats et inquiétudes au Gabon, l’Union du peuple gabonais (UPG) appelle à dépasser la seule question de l’avancement des agents.

Dans un communiqué publié le 8 août, le parti estime que la transformation annoncée doit s’inscrire dans une réforme plus globale de l’administration et de l’État.

Le projet gouvernemental prévoit notamment de donner davantage de poids au mérite, à l’effort et à l’évaluation, au détriment d’une progression essentiellement fondée sur l’ancienneté.

Le dispositif envisagé introduirait également une évaluation participative associant agents, supérieurs hiérarchiques, collaborateurs et usagers. Parmi les autres mesures annoncées figurent le relèvement de 35 à 40 ans de l’âge limite d’accès à la Fonction publique, la valorisation du concours et l’intégration de nouveaux métiers, notamment dans le numérique.

L’UPG se dit favorable au principe d’une administration davantage orientée vers la compétence et les résultats. Mais le parti met en garde contre une réforme qui ferait peser sur les seuls fonctionnaires l’obligation de performance.

Pour sa direction, l’État doit en parallèle garantir des carrières lisibles, des règles transparentes, des moyens de travail adaptés et une gestion équitable des personnels.

Le parti pointe notamment la nécessité de régulariser les situations administratives en attente, de mieux articuler qualifications, emplois, responsabilités et rémunérations, et de renforcer la formation continue.

Il estime également que l’évaluation des agents devra tenir compte des conditions concrètes dans lesquelles leurs missions sont exercées.

Autre enjeu soulevé : le dialogue social. L’UPG considère que l’expertise technique mobilisée par les autorités doit être complétée par une concertation approfondie avec les organisations syndicales et les représentants des agents publics.

La réforme, estime-t-elle, ne pourra être durablement acceptée sans garanties de transparence, de recours et d’équité.

Au-delà de l’évaluation individuelle, le parti propose ainsi de passer à un véritable « pilotage par la performance » de l’action publique, articulant objectifs, moyens, responsabilités et résultats. Il appelle à expérimenter les nouveaux mécanismes dans certaines administrations avant leur généralisation.

L’UPG propose enfin la conclusion d’un Pacte national de modernisation de la Fonction publique, associant gouvernement, administrations, syndicats et représentants des fonctionnaires.

Derrière ce débat sur les carrières se dessine, selon le parti, une question plus large : quelle administration le Gabon veut-il construire ? Pour l’UPG, l’enjeu ne consiste ni à affaiblir les protections des agents ni à maintenir le statu quo, mais à bâtir une Fonction publique « organisée, compétente, juste et pleinement responsable de ses résultats ».