Libreville – Quinze ans après une longue période d’effacement de la scène politique, l’Union du Peuple Gabonais (UPG) affiche sa volonté de retrouver une place dans le débat public. À l’occasion du 37ᵉ anniversaire de sa création, célébré le 14 juillet, son président, le Dr Pélagie Itsana, a prononcé un discours fondateur, mêlant hommage à Pierre Mamboundou, plaidoyer pour une démocratie pluraliste et appel à une profonde refondation du parti.
Placée sous le thème « Union – Responsabilité – Dignité : pour un Gabon souverain, libre et prospère », cette intervention marque le lancement officiel d’une stratégie de reconstruction politique. En s’appuyant sur la figure tutélaire de Pierre Mamboundou, fondateur de l’UPG et figure emblématique de l’opposition gabonaise, le nouveau président a présenté la renaissance du parti comme la continuité d’un combat en faveur des libertés publiques, de l’État de droit et de la souveraineté nationale.
Sans adopter un ton de confrontation, le dirigeant de l’UPG a toutefois adressé plusieurs messages aux autorités. Tout en reconnaissant les attentes suscitées par la nouvelle séquence politique ouverte au Gabon, il a insisté sur la nécessité de préserver les libertés d’expression, d’association et de participation politique. Pour lui, la stabilité institutionnelle ne saurait reposer sur la restriction du pluralisme, mais sur le respect des contre-pouvoirs et le dialogue démocratique.

Au-delà des questions institutionnelles, le discours développe une vision économique centrée sur la souveraineté. L’UPG plaide pour une transformation structurelle de l’économie gabonaise, fondée sur la valorisation locale des ressources naturelles, le soutien à l’entrepreneuriat, le développement agricole et l’investissement dans l’éducation, la recherche et l’innovation. « Le Gabon doit passer d’une économie de rente à une économie de production », a résumé le président du parti, faisant de cette orientation l’un des piliers de son projet politique.
Le Dr Pélagie Itsana a également présenté une feuille de route destinée à restructurer l’UPG. Celle-ci prévoit la réactivation des fédérations locales, la création d’une académie de formation politique, une vaste consultation nationale ainsi que l’organisation d’assises de la renaissance, censées définir un nouveau projet de société.
Longtemps considéré comme l’une des principales forces d’opposition avant son déclin, l’UPG entend désormais renouer avec son influence historique. Reste à savoir si cette relance, portée par un discours axé sur l’unité, la responsabilité et la dignité, parviendra à convaincre un électorat profondément transformé par les récents bouleversements politiques que connaît le Gabon.
