Réunis à Franceville pour leur 6ᵉ assemblée générale, les maires gabonais veulent donner un contenu concret au processus de décentralisation, longtemps resté cantonné aux textes. Le transfert effectif des compétences et des ressources vers les collectivités figure au cœur des discussions.
La décentralisation gabonaise veut franchir une nouvelle étape. Depuis mercredi, la ville de Franceville accueille la 6ᵉ assemblée générale de l’Association des maires du Gabon. Les représentants des collectivités locales y examinent les moyens de renforcer la gestion des communes et de rapprocher davantage la décision publique des citoyens.
Les travaux, officiellement ouverts au nom du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, sont placés sous le thème : « Décentralisation pour une meilleure gestion urbaine afin de bâtir des communes fortes de la 5ᵉ République ». Derrière cette formulation institutionnelle, les élus locaux cherchent surtout à répondre à une question centrale : comment faire de la décentralisation un mécanisme réellement opérationnel ?
Donner davantage de responsabilités aux collectivités
Le débat intervient alors que les autorités gabonaises affichent leur volonté de renforcer le rôle des collectivités dans la conduite des politiques publiques. L’objectif est de permettre aux communes de prendre davantage en charge les préoccupations quotidiennes des populations, tout en améliorant l’efficacité de l’action publique à l’échelle locale.
Cette évolution suppose toutefois de revoir l’organisation des collectivités, mais aussi les conditions dans lesquelles elles exercent leurs compétences. Car le transfert de responsabilités ne peut être durable sans les moyens financiers, humains et administratifs correspondants.
Les participants à l’assemblée générale insistent ainsi sur la nécessité de concevoir et d’évaluer les politiques publiques au plus près des territoires. Une approche qui rompt avec une organisation fortement centralisée de la décision et entend donner aux collectivités une place plus importante dans le développement local.
Du cadre juridique à la mise en œuvre
Pour le pouvoir gabonais, l’enjeu est désormais de passer des principes inscrits dans les textes à leur application concrète. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a relancé ce chantier en présidant les travaux de la Commission nationale de la décentralisation.
L’ambition affichée est notamment de préciser les compétences qui doivent être transférées de l’État aux collectivités et de déterminer les ressources nécessaires à leur exercice. Une question particulièrement sensible dans un pays où les communes doivent composer avec des capacités financières et administratives inégales.
« Sortir la décentralisation du seul cadre des textes pour entrer dans celui de sa mise en œuvre effective » : telle est désormais la ligne défendue par les autorités.
Une feuille de route attendue
À Franceville, les discussions se poursuivent en commissions. Les participants doivent notamment formuler des propositions destinées à accélérer la mise en œuvre du processus.
L’enjeu dépasse donc la seule organisation administrative des communes. Pour les maires, il s’agit de disposer de collectivités capables d’assumer leurs responsabilités, de financer leurs politiques et de répondre plus directement aux attentes des habitants.
Reste à transformer les engagements politiques en décisions concrètes. La réussite de la décentralisation gabonaise dépendra autant du transfert des compétences que de celui des ressources permettant aux communes de les exercer. À Franceville, les élus locaux cherchent désormais à poser les bases de cette nouvelle étape.
