À Libreville, le chantier de la réforme administrative entre dans une nouvelle phase. Après les orientations fixées par la présidence, le gouvernement veut désormais passer à la mise en œuvre. Réunis lundi au Palais des Congrès de la Cité de la démocratie, près de 200 hauts responsables ont entamé un séminaire consacré à la simplification de l’architecture institutionnelle.
Pendant deux jours, ministres, présidents d’institutions constitutionnelles et experts doivent examiner les dysfonctionnements de l’appareil d’Etat et identifier les structures dont les compétences se recoupent. L’objectif affiché est de rendre l’administration plus lisible, plus rapide et plus efficace.
Au cœur des discussions figure la circulaire présidentielle du 8 mai 2025, présentée par le gouvernement comme le cadre de référence pour l’organisation de l’action gouvernementale. Le texte doit désormais trouver une traduction concrète dans les structures et les pratiques administratives.
Le gouvernement entend notamment établir un diagnostic des chevauchements de compétences, proposer une rationalisation des structures et définir un calendrier de mise en œuvre. Une évolution qui pourrait conduire à revoir certaines organisations administratives, à clarifier les responsabilités et, potentiellement, à réduire les situations dans lesquelles plusieurs entités interviennent sur les mêmes missions.
Le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, a insisté sur la nécessité de donner une portée opérationnelle aux orientations présidentielles. Le séminaire ne doit ainsi pas se limiter à formuler des recommandations : un comité de suivi doit être chargé de veiller à leur traduction dans les textes réglementaires.
L’enjeu dépasse donc la seule réorganisation administrative. Pour les autorités gabonaises, il s’agit aussi de mesurer la capacité de la Ve République, issue de la Constitution adoptée en avril 2024, à transformer ses nouvelles institutions en un appareil d’Etat plus cohérent.
Reste désormais la question la plus délicate : celle de l’exécution. Identifier les doublons est une première étape ; supprimer ou réorganiser les structures concernées suppose des arbitrages politiques, administratifs et budgétaires. Le calendrier annoncé permettra de mesurer la portée réelle de cette réforme.
À Libreville, le gouvernement veut donc passer de la circulaire aux actes. La réussite du chantier se mesurera moins au nombre de recommandations formulées qu’à leur traduction effective dans le fonctionnement quotidien de l’Etat.
