Au Gabon, l’eau du robinet n’inspire plus confiance. Dans plusieurs quartiers de Libreville et de l’intérieur du pays, les populations dénoncent une qualité d’eau de plus en plus douteuse : odeur suspecte, coloration jaunâtre, présence de particules visibles. Une situation alarmante qui expose les citoyens à des risques sanitaires majeurs, tout en révélant une défaillance préoccupante du service public.
Les spécialistes de santé publique sont formels : une eau impropre à la consommation peut être un vecteur de maladies hydriques graves telles que les diarrhées, le choléra ou encore la typhoïde. Chez les enfants, les personnes âgées et les individus immunodéprimés, ces infections peuvent rapidement devenir critiques. Pourtant, face à ces dangers, peu de campagnes d’information ou de prévention semblent être déployées à grande échelle.
Dans ce contexte, les ménages gabonais n’ont d’autre choix que de se tourner vers l’eau minérale. Une solution de survie, certes, mais qui pèse lourdement sur des budgets déjà fragilisés par la conjoncture économique. À raison de plusieurs bouteilles par jour pour une famille moyenne, la facture mensuelle explose, transformant l’accès à une eau potable sûre en luxe inaccessible pour certains.
Au cœur de cette crise, la Société d’eau et d’énergie du Gabon (SEEG) est pointée du doigt. Chargée de la production et de la distribution d’eau potable, l’entreprise semble dépassée par les défis techniques et structurels. Réseaux vétustes, manque d’entretien, investissements insuffisants : les défaillances s’accumulent, tandis que les usagers continuent de payer pour un service qui ne garantit plus l’essentiel.
Mais au-delà de la SEEG, c’est toute la responsabilité de l’État qui est engagée. Comment expliquer une telle inertie face à une problématique aussi vitale ? Pourquoi l’accès à une eau potable de qualité, pourtant droit fondamental, semble-t-il relégué au second plan des priorités publiques ?
Le silence des autorités inquiète autant qu’il indigne. Car derrière chaque robinet défectueux, ce sont des vies qui sont potentiellement mises en danger. L’urgence est réelle, et l’inaction, elle, devient coupable. Le gouvernement est aujourd’hui sommé de sortir de sa réserve, d’exiger des comptes, et surtout d’agir. Avant que cette crise de l’eau ne se transforme en véritable catastrophe sanitaire nationale.
