[Gabon]/Tribune : La mascarade des faux vertueux du football gabonais

Il devient urgent de nommer les choses telles qu’elles sont : ce qui se trame actuellement autour de l’élection à la tête de la FEGAFOOT n’a rien d’un sursaut moral ni d’un combat pour l’éthique. C’est une entreprise grossière de manipulation de l’opinion, savamment orchestrée par des acteurs qui, faute de légitimité institutionnelle, tentent de s’imposer par le vacarme et l’agitation. En réalité, ils combattent le candidat légitime Pierre Alain Mounguengui, seule candidature retenue, révélant ainsi la véritable nature de leur démarche.

La marche annoncée pour contester une candidature n’est ni plus ni moins qu’un aveu de faiblesse. Lorsqu’on a le droit, les textes et la légitimité pour soi, on ne descend pas dans la rue pour influencer un processus électoral encadré. On convainc les électeurs, on argumente, on débat. Mais ici, rien de tout cela. À la place, on assiste à une stratégie bien connue : créer un climat de suspicion, salir des réputations et instrumentaliser une opinion publique souvent tenue à distance des réalités institutionnelles.

Ce qui choque, au-delà de la méthode, c’est l’arrogance avec laquelle certains s’érigent en juges de la moralité d’autrui. Sur quelle base ? Sur quels faits établis ? Sur quelles décisions de justice ? Aucun élément sérieux n’est avancé, seulement des insinuations, des procès d’intention et des attaques personnelles. C’est non seulement irresponsable, mais profondément dangereux pour la crédibilité même du débat public au Gabon.

Les organisateurs de cette marche veulent faire croire qu’ils agissent au nom du football gabonais. C’est faux. Ils agissent pour leurs propres intérêts, pour leur repositionnement dans un écosystème dont ils ont été, à un moment ou à un autre, écartés. Derrière les discours enflammés se cache une réalité bien moins noble : une lutte de pouvoir, brutale et décomplexée, où tous les coups semblent permis.

Plus grave encore, cette agitation vise à contourner les règles établies. Le président de la FEGAFOOT est élu par des délégués clairement identifiés. Ce sont eux, et eux seuls, qui détiennent la légitimité de trancher. Vouloir influencer ce processus par la rue revient à nier les fondements mêmes de la gouvernance sportive et à ouvrir la porte à toutes les dérives.

Où étaient ces donneurs de leçons lorsque le football gabonais traversait certaines de ses périodes les plus sombres ? Où étaient leurs voix lorsque des décisions structurelles engageaient l’avenir de notre sport ? Leur indignation semble à géométrie variable, surgissant opportunément au gré de leurs intérêts du moment.

Il faut avoir le courage de le dire : cette mobilisation n’est pas un acte citoyen, c’est une tentative de prise d’otage du débat public. Une mise en scène destinée à créer une crise artificielle, à défaut de pouvoir s’imposer par les voies légales et légitimes.

Le football gabonais mérite mieux que ces manœuvres. Il mérite un débat digne, fondé sur des projets, des bilans et des visions. Il mérite des acteurs responsables, capables de s’élever au-dessus des querelles personnelles et des ambitions déguisées.

À ceux qui agitent les foules au lieu de convaincre les esprits, une vérité simple s’impose : le bruit ne remplacera jamais la légitimité. Et l’histoire, elle, finit toujours par remettre chacun à sa place.