Nommé le 7 septembre dernier président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), le Burundais Ezéchiel Nibigira hérite d’une institution en quête de crédibilité et de réformes profondes. L’ancien chef de la diplomatie burundaise, désormais installé au siège de la Commission à Libreville, devra relever plusieurs défis majeurs au cours de son mandat de cinq ans non renouvelable.
Réformer et crédibiliser la Commission
La première mission d’Ezéchiel Nibigira sera de poursuivre la réforme institutionnelle engagée depuis 2015 mais encore inachevée. Il lui faudra restructurer la Commission, finaliser le recrutement des nouveaux commissaires et directeurs dans les 45 jours impartis, et instaurer des mécanismes de gestion plus transparents afin de restaurer la confiance des États membres et des partenaires internationaux.

Relancer l’intégration économique
Dans une région où les barrières commerciales et administratives freinent toujours les échanges, le nouveau président est attendu sur le marché commun d’Afrique centrale. Sa feuille de route inclut l’harmonisation des politiques économiques, la libre circulation des personnes et des biens, et le développement d’infrastructures régionales stratégiques dans l’énergie, le numérique et les transports.
Sécurité et stabilité au cœur du mandat
L’Afrique centrale reste une zone de turbulences avec les crises sécuritaires en RDC, Centrafrique et Tchad. Nibigira devra renforcer le rôle de la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC) et positionner la CEEAC comme un acteur crédible de maintien de la paix et de médiation régionale, dans un contexte marqué par le retrait du Rwanda de l’organisation et des tensions persistantes entre Kigali, Kinshasa et Bujumbura.
Paix, diplomatie et financement
Au plan diplomatique, il lui faudra promouvoir le dialogue entre États membres et accompagner les transitions politiques dans plusieurs pays de la sous-région. Sur le plan financier, l’un des chantiers prioritaires sera de réduire la dépendance extérieure en renforçant les mécanismes de financement autonome de la CEEAC et en assurant la régularité des contributions des États membres.
Défis sociaux et environnementaux
Au-delà de la politique et de l’économie, Ezéchiel Nibigira devra porter des réponses régionales face aux enjeux sociaux et environnementaux. Gestion durable des forêts du Bassin du Congo, lutte contre le changement climatique, promotion de l’emploi des jeunes et résilience alimentaire figurent parmi les priorités.

Une lourde responsabilité
À 52 ans, le Burundais est conscient de la lourdeur de la tâche. Sa capacité à rassembler les onze États membres autour d’une vision commune sera déterminante pour redonner souffle et crédibilité à la CEEAC, longtemps critiquée pour son manque d’efficacité.
