[Gabon]/ Faits divers : Lambaréné, le décès d’un enfant après une morsure de serpent relance le débat sur les urgences sanitaires

Lambaréné, 10 juin 2026 – Un drame bouleversant s’est produit le week-end dernier dans le quartier Lalala-Bordamur, situé dans le 1er arrondissement de Lambaréné. Un enfant de 10 ans, identifié comme Jiré Eveil Divin Loundou Loundou, a perdu la vie quelques heures après avoir été victime d’une morsure de serpent, rapporte le quotidien L’Union.

Selon les informations relayées par le journal, les faits se sont déroulés samedi en début de soirée. Alors que la famille se trouvait à son domicile, l’enfant serait sorti par l’arrière de la maison pour satisfaire un besoin naturel. Peu après, il serait revenu en état de panique, affirmant avoir été mordu par un serpent au niveau du talon.

Alerté, son père se serait immédiatement rendu sur les lieux. Il aurait aperçu un serpent de couleur noir-gris, de taille importante, à proximité de la terrasse. Toutefois, l’obscurité n’aurait pas permis d’identifier précisément l’espèce avant que le reptile ne disparaisse.

Face à l’urgence, l’enfant a été transporté vers une structure sanitaire de la ville grâce à l’aide de voisins. Mais selon les témoignages recueillis auprès de la famille, l’établissement ne disposait pas du sérum antivenimeux nécessaire à une prise en charge immédiate. Une ordonnance aurait alors été remise aux parents afin qu’ils achètent eux-mêmes les médicaments prescrits, dont le coût total s’élevait à 134 000 francs CFA.

Malgré les efforts déployés pour réunir la somme demandée et se procurer les produits nécessaires, l’état du jeune patient se serait rapidement détérioré. Il a finalement succombé quelques heures plus tard.

Profondément affectés, les proches de la victime s’interrogent sur les capacités de réponse du système sanitaire face à ce type d’urgence. « Comment un hôpital situé en zone tropicale peut-il ne pas disposer d’un sérum antivenimeux pour faire face à ce type de situation ? », auraient-ils déploré.

Au-delà de l’émotion suscitée à Lalala-Bordamur et dans plusieurs quartiers de Lambaréné, ce décès remet en lumière la problématique de la disponibilité des traitements d’urgence contre les envenimations ophidiennes dans les structures de santé du pays.