À l’issue du point de presse animé ce vendredi 19 juin 2026 par Son Excellence Wamkele Mene, secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dans un complexe hôtelier de Libreville, Benjamin Evita Oma, ambassadeur et promoteur d’affaires pour les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), vice-président de la Chambre de commerce et responsable des marchés communs au sein du Conseil d’affaires de la CEEAC, a accordé un entretien à notre rédaction. Il y aborde les relations commerciales entre États africains, les obstacles à l’intégration régionale et les solutions envisagées pour faire de la ZLECAf un véritable moteur de développement.
Question :
Comment se portent aujourd’hui les relations commerciales entre le Gabon et la Guinée Équatoriale ?
Benjamin Evita Oma :
D’abord, il faut rappeler que le Gabon et la Guinée Équatoriale sont des pays frères. Nos dirigeants entretiennent des relations de proximité et partagent une vision commune du développement économique africain. Nous observons également l’émergence d’une nouvelle génération de responsables politiques qui souhaitent accélérer l’intégration du continent et nous croyons aussi qu’avec l’impulsion de son excellence, président de la république Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA en tant que génération de leader portera la dynamique de la nouvelle vision du développement intégré africain et nous l’appelons à porter les couleurs de cette Afrique jeune et dynamique qui l’inspire tant aujourd’hui.
Cependant, malgré cette volonté affichée, le commerce intra-africain demeure encore insuffisant. Cela fait plusieurs décennies que nous parlons d’intégration régionale, de marché commun et de libre circulation, mais les résultats restent en deçà des attentes.
Aujourd’hui, il est temps de passer des discours aux actes. Nous avons décidé de travailler sur des projets concrets capables de produire des résultats tangibles pour les populations et les opérateurs économiques.
Question :
Quels sont les principaux obstacles qui freinent encore le commerce entre les pays africains ?
Benjamin Evita Oma :
Le principal problème réside dans les barrières qui subsistent entre nos États. Sur le papier, nous parlons de libre circulation, mais dans la réalité, les marchandises rencontrent encore de nombreuses difficultés pour franchir les frontières.
Les opérateurs économiques sont confrontés à des contrôles multiples, à des procédures administratives parfois lourdes et à des obstacles qui ralentissent les échanges.
C’est un paradoxe. Nous avons créé des communautés économiques régionales pour faciliter le commerce, mais les barrières demeurent. Cette situation pénalise la compétitivité de nos entreprises et limite les opportunités d’investissement.
Question :
La sécurité alimentaire et la production locale figurent-elles parmi les priorités actuelles ?
Benjamin Evita Oma :
Absolument. Avec les crises internationales et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, l’Afrique doit renforcer sa capacité de production.
Nous avons engagé des discussions autour du développement de projets agricoles et industriels capables de répondre aux besoins du continent. L’objectif est de produire davantage en Afrique et de transformer localement nos ressources.
Chaque pays dispose d’atouts spécifiques. Nous devons identifier ces complémentarités afin de construire de véritables chaînes de valeur régionales.
Question:
Quels sont les projets que vous avez aujourd’hui?
Benjamin Evita Oma:
Aujourd’hui,nous avons identifié en tant qu’entreprise privée la création de structure d’intégration sous régional dans le secteur agricole.
On doit apporté des solutions afin d’éviter d’être assujetti.A cet effet,il faut se réapproprier notre qualité de souveraineté alimentaire via l’aide des États membres.
Question :
La libre circulation des personnes reste-t-elle également un défi ?
Benjamin Evita Oma :
Oui, même si des progrès ont été réalisés. Personnellement, lorsque je voyage, je ne rencontre pas de difficultés liées aux visas. En revanche, les obstacles demeurent souvent au niveau des postes frontaliers.
Le problème est parfois lié aux comportements administratifs ou à une application incomplète des décisions prises au niveau politique.
Pourtant, les textes existent. Les États ont pris des engagements. Il faut maintenant les appliquer pleinement afin de permettre aux citoyens africains de circuler plus facilement sur le continent.
Question :
Quel rôle peut jouer la ZLECAf dans cette transformation ?
Benjamin Evita Oma :
La ZLECAf représente une opportunité historique pour l’Afrique. Son secrétaire général, Son Excellence Wamkele Mene, mène un combat important pour accélérer l’intégration économique du continent.
Mais il faut être clair : les institutions seules ne peuvent pas tout faire. Le succès de la ZLECAf dépend avant tout de la volonté des États membres.
Les gouvernements doivent harmoniser leurs politiques, simplifier les procédures douanières et faciliter les investissements transfrontaliers.
Question :
La question monétaire constitue-t-elle également un frein aux échanges ?
Benjamin Evita Oma :
Effectivement. Aujourd’hui encore, de nombreuses transactions entre pays africains passent par des circuits financiers extérieurs au continent.
Cette situation augmente les coûts des opérations commerciales et ralentit les échanges.
Nous devons développer des mécanismes africains de paiement et renforcer nos systèmes financiers afin de faciliter les transactions entre entreprises africaines.
Question :
Quelles solutions préconisez-vous pour accélérer l’intégration économique régionale ?
Benjamin Evita Oma :
La première étape consiste à réaliser une cartographie économique précise de nos pays. Il faut savoir ce que chaque État produit, identifier les secteurs porteurs et mettre en évidence les complémentarités existantes.
Ensuite, nous devons encourager les partenariats régionaux et investir dans les infrastructures nécessaires au commerce.
Mais au final, tout repose sur un élément fondamental : la volonté politique. Si les États décident véritablement de faire avancer l’intégration africaine, les résultats seront visibles rapidement.
Question :
Quel message souhaitez-vous adresser aux décideurs africains ?
Benjamin Evita Oma :
L’Afrique dispose de ressources considérables, d’un immense marché et d’une jeunesse dynamique. Nous avons tous les atouts pour réussir.
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des actions concrètes. Il faut lever les barrières qui freinent nos échanges, soutenir nos entreprises et construire un véritable marché africain intégré.
L’avenir économique de l’Afrique dépend de notre capacité à travailler ensemble.
