Réunis mercredi 21 octobre au Palais des congrès de Libreville avec le comité d’organisation du Business Africa International Forum (BAI), des dirigeants d’entreprises gabonaises ont été invités à prendre une part active à la deuxième édition de ce rendez-vous économique, prévue du 25 au 27 novembre 2026. Au-delà de la visibilité internationale, l’enjeu est de faire émerger des partenariats concrets, de mobiliser des financements et de renforcer la place des entreprises locales dans les chaînes de valeur.
À un mois de l’ouverture du Business Africa International Forum (BAI), le comité d’organisation a engagé une démarche de mobilisation des acteurs économiques gabonais. La rencontre organisée mercredi 21 octobre au Palais des congrès de Libreville avec plusieurs dirigeants d’entreprises s’inscrit dans cette perspective : préparer la participation du secteur privé national à un événement présenté comme un levier de promotion des investissements et de développement des partenariats d’affaires.
Pour Jennifer Saraïva-Yanzere, présidente-directrice générale de Business Africa International, l’ambition est claire : faire du Gabon « une destination privilégiée pour les investisseurs et un véritable carrefour d’opportunités économiques ». Mais derrière cette volonté d’attractivité se dessine une exigence plus concrète : permettre aux entreprises gabonaises de nouer des relations durables avec les investisseurs internationaux et de convertir les rencontres en projets économiquement viables.
« Un forum économique ne doit pas seulement être un lieu de rencontres », a-t-elle insisté, en soulignant la nécessité de créer un espace où se construisent des partenariats et où se concrétisent des affaires. Un message adressé directement aux chefs d’entreprise, invités à participer activement au forum et à y associer leurs collaborateurs, leurs cadres et leurs équipes.
Faire du secteur privé un acteur central des investissements
Prévu du 25 au 27 novembre 2026 au Palais des congrès de Libreville, le BAI Forum réunira des représentants des secteurs public et privé, des investisseurs, des experts internationaux et des décideurs politiques. Après une première édition organisée en 2025 à Dubaï, cette deuxième rencontre entend placer l’Afrique centrale au cœur des discussions sur les investissements et la coopération économique.
Le Gabon et la République centrafricaine (RCA) seront les deux pays mis à l’honneur. Cette orientation doit permettre de valoriser leurs potentialités économiques respectives, tout en encourageant les échanges et les partenariats dans une logique de coopération Sud-Sud.
Le thème retenu, « Bâtir l’avenir : alliance stratégique au service de la souveraineté économique », traduit cette ambition. Il s’agit de renforcer les capacités productives, de favoriser la transformation locale des ressources et de développer des activités créatrices de valeur et d’emplois sur le continent.
Pour les entreprises gabonaises, l’intérêt du rendez-vous réside donc autant dans les possibilités de visibilité que dans l’accès potentiel à de nouveaux marchés, à des partenaires techniques et financiers et à des débouchés commerciaux. La participation du secteur privé sera déterminante pour faire émerger des projets suffisamment structurés pour intéresser les investisseurs.
Des ressources naturelles à la diversification économique
Le programme du forum prévoit plusieurs panels sectoriels consacrés aux principaux enjeux de développement du Gabon et de la sous-région. Les discussions porteront notamment sur les industries extractives, l’énergie et les ressources hydrauliques, les infrastructures, l’urbanisme, la santé, l’agriculture, la pêche, les forêts et le tourisme.
Ces secteurs concentrent une partie importante des opportunités d’investissement, mais aussi des défis auxquels les économies africaines restent confrontées : insuffisance des infrastructures, besoins de financement, transformation encore limitée de certaines ressources et nécessité de renforcer les compétences locales.
Dans le domaine minier et pétrolier, les échanges doivent notamment aborder la valorisation locale des ressources, le développement des chaînes de valeur, le contenu local et la création d’emplois. Dans l’énergie, l’accent sera mis sur la sécurisation de l’approvisionnement, l’amélioration de la distribution de l’eau et de l’électricité ainsi que le développement des capacités de production.
L’agriculture, l’élevage et l’économie bleue seront également au programme, avec pour objectif de soutenir la productivité, la transformation agroalimentaire et la réduction de la dépendance aux importations. Quant aux secteurs forestier et touristique, ils seront abordés sous l’angle de la transformation locale, de la gestion durable des ressources et du renforcement de l’attractivité du Gabon.
Cette approche sectorielle répond à une question centrale pour le tissu économique national : comment tirer davantage de valeur des ressources disponibles tout en développant des entreprises capables de s’insérer durablement dans les circuits régionaux et internationaux ?
L’investissement, au-delà des annonces
Le forum prévoit également des sessions « Invest in Gabon » et « Invest in RCA », destinées à présenter les secteurs prioritaires et les opportunités d’affaires dans les deux pays. Pour le Gabon, cette séquence sera notamment portée par l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI-Gabon), représentée par son directeur général, Ghislain Moandza Mboma.
Des séances de questions-réponses et des signatures de protocoles d’accord entre acteurs publics et privés sont également annoncées. Ces dispositifs doivent faciliter le rapprochement entre porteurs de projets, entreprises, institutions et investisseurs.
La portée économique de ces initiatives dépendra toutefois de leur capacité à dépasser le stade des intentions. Pour les opérateurs privés, les retombées d’un tel événement se mesureront notamment à la qualité des contacts établis, à l’accès effectif aux financements, à la conclusion de contrats et à la concrétisation des engagements pris.
La mobilisation des entreprises gabonaises constitue, à cet égard, un enjeu majeur. Leur présence ne saurait se limiter à une participation protocolaire ou à une exposition de leurs activités. Elle suppose également la préparation de projets bancables, l’identification de besoins précis et la capacité à négocier des partenariats répondant à des objectifs commerciaux et industriels clairement définis.

Une ambition de souveraineté économique à l’épreuve du terrain
La dimension institutionnelle du BAI Forum devrait être marquée par la présence annoncée du président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. Une session inaugurale de haut niveau doit permettre de présenter les orientations économiques des deux pays, leurs projets structurants et les réformes engagées.
Le troisième jour sera consacré à la restitution des travaux et à la visite de sept sites, afin de prolonger les échanges par une découverte de réalisations ou de projets sur le terrain.
Pour Jennifer Saraïva-Yanzere, l’enjeu est de faire du rendez-vous « non seulement un succès événementiel, mais surtout une réussite économique pour le Gabon et ses entreprises ». Cette ambition résume les attentes placées dans cette deuxième édition : renforcer l’attractivité du pays, encourager les investissements productifs et donner aux opérateurs locaux une place plus importante dans les projets de développement.
Reste à savoir dans quelle mesure les échanges permettront de faire émerger des engagements précis et des investissements effectivement réalisés. Car, dans un contexte où les économies africaines cherchent à diversifier leurs sources de croissance et à mieux valoriser leurs ressources, la crédibilité d’un forum économique se juge moins au nombre de participants qu’à sa capacité à produire des résultats durables.
À Libreville, la rencontre du 21 octobre aura ainsi servi de première étape dans la mobilisation du secteur privé. Le rendez-vous de novembre devra désormais démontrer que le rapprochement entre entreprises locales, pouvoirs publics et investisseurs internationaux peut déboucher sur des opportunités tangibles pour l’économie gabonaise.
