À l’ouverture de sa deuxième session ordinaire, mardi 1er septembre à Libreville, le Conseil économique, social et environnemental (CESEC) a placé les valeurs culturelles, la responsabilité collective et l’accès aux soins au cœur des enjeux de la nation gabonaise.
Devant des membres du gouvernement, des présidents d’institutions et le corps diplomatique, les interventions ont défendu une modernisation qui ne renierait ni les racines du pays ni les attentes sociales de sa population.

Gabon, la modernisation ne devrait pas se faire au prix d’un effacement des repères culturels. C’est l’un des messages qui ressortent de l’ouverture, mardi 1er septembre, de la deuxième session ordinaire du Conseil économique, social et environnemental (CESEC), au siège de l’institution, à Libreville.
La cérémonie, qui a réuni des membres du gouvernement, des présidents d’institutions, des représentants du corps diplomatique et les membres du CESEC, a été l’occasion de revenir sur les fondements sur lesquels devrait, selon les intervenants, continuer de s’appuyer la construction de la société gabonaise.
Loin d’opposer le passé au présent, le propos défendu lors de cette ouverture invite à penser leur articulation. « Il ne faut pas opposer tradition et modernité », a souligné le président de l’Institution Guy-Bertrand MAPANGOU, appelant à préserver la mémoire, les valeurs et les héritages culturels tout en assumant les transformations nécessaires à l’évolution du pays.
Ne pas moderniser contre ses racines
Dans cette lecture, les traditions et la référence aux ancêtres ne relèvent pas uniquement du patrimoine culturel. Elles participent aussi de la construction d’une identité collective et d’une forme de responsabilité à l’égard des générations futures.
Cette conception renvoie à une interrogation plus large : comment construire une nation moderne sans rompre avec les repères qui ont contribué à façonner son identité ? Au Gabon, où les débats sur la transformation de l’Etat et l’amélioration des conditions de vie occupent une place croissante dans l’espace public, la question dépasse désormais le seul registre culturel.
Elle touche également à la manière dont les institutions répondent aux préoccupations concrètes des citoyens.
L’hôpital comme révélateur des attentes sociales
C’est précisément sur le terrain de la santé que cette exigence de responsabilité collective a été illustrée. L’accès aux soins et la qualité de la prise en charge demeurent parmi les préoccupations les plus immédiates des populations.

Pour l’orateur, l’amélioration du système sanitaire ne saurait incomber au seul Etat. Elle suppose également l’engagement des professionnels de santé et, plus largement, de tous les acteurs intervenant dans la chaîne de soins.
« L’hôpital doit être un lieu de vie et non un lieu où l’on meurt », a-t-il lancé.
Derrière cette formule, c’est la question de la dignité du patient qui est posée, mais aussi celle de l’efficacité des services publics. Car la modernité d’un Etat ne se mesure pas seulement à ses infrastructures ou à ses ambitions économiques. Elle se juge également à sa capacité à protéger, soigner et accompagner sa population.
Des principes aux actes
L’ouverture de cette session du CESEC aura ainsi fait émerger un même impératif sur des terrains apparemment éloignés : celui de la responsabilité. Responsabilité envers les ancêtres et la mémoire collective, mais aussi envers les citoyens d’aujourd’hui et les générations à venir.

Le défi consiste désormais à dépasser les déclarations de principe. Préserver les racines culturelles tout en modernisant les institutions, améliorer les services publics tout en renforçant la cohésion sociale : autant d’exigences qui placent la transformation du Gabon face à une question centrale, celle de sa capacité à traduire ses valeurs en actes et ses ambitions en résultats tangibles pour les populations.
