LIBREVILLE — Le Gabon accueille, du 21 au 25 septembre, au Palais des congrès OMAR-BONGO-ONDIMBA de Libreville, la 6ᵉ Conférence ministérielle du Mémorandum d’entente d’Abuja sur le contrôle des navires par l’État du port. Une rencontre qui réunit les représentants des 22 Etats membres autour d’un impératif devenu stratégique : transformer les engagements régionaux en dispositifs opérationnels capables de répondre aux nouveaux risques du transport maritime.
Placée sous le thème « De la politique à la pratique : bâtir un régime de contrôle par l’État du port résilient et préparé pour l’avenir », la conférence intervient dans un contexte où les ports ouest et centre-africains constituent des points d’entrée essentiels pour les échanges internationaux. Le Mémorandum d’Abuja, signé en 1999 sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI), vise notamment à harmoniser les inspections et à empêcher l’exploitation de navires ne respectant pas les normes internationales.
Pour les Etats côtiers, l’enjeu dépasse la seule conformité administrative. Il touche à la sécurité des équipages, à la protection du milieu marin et à la fiabilité des chaînes logistiques. « Le transport maritime, par lequel transitent plus de 80 % des échanges commerciaux mondiaux en volume, est un instrument essentiel du développement économique », a déclaré le ministre d’Etat gabonais chargé des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Mamfoumbi Manfoumbi.

Face à la croissance du trafic, à la sophistication des navires et à l’intensification des activités portuaires, le ministre appelle à une vigilance constante dans l’application des normes internationales relatives à la sécurité de la navigation, à la sauvegarde de la vie humaine en mer, aux conditions de travail des gens de mer et à la préservation des océans.
À Libreville, les discussions doivent notamment porter sur l’harmonisation des procédures d’inspection, le système d’information du Mémorandum d’Abuja, la coopération technique et les nouveaux défis du contrôle portuaire.
L’enjeu est aussi celui des capacités. Un programme régional de renforcement des compétences, lancé en juin avec le soutien de Lloyd’s Register Foundation, entend améliorer la formation des inspecteurs, l’utilisation des données, l’alignement réglementaire et les mécanismes de gouvernance. Il répond à plusieurs difficultés identifiées dans la région : couverture inégale des inspections, écarts de compétences et faiblesses dans la qualité des données et des systèmes de contrôle.
La conférence ministérielle doit enfin examiner l’état d’avancement des activités du Mémorandum et son plan d’action 2025-2029. À travers ces travaux, c’est la capacité des Etats à faire respecter, de manière cohérente et durable, les règles internationales dans leurs ports qui se trouve au cœur des débats.
