Banane, poisson, œufs, fruits et légumes… Ce vendredi 4 septembre, le Stade de Nzeng-Ayong, dans le sixième arrondissement de Libreville, s’est transformé en vaste marché à ciel ouvert. Derrière les étals chargés de produits du terroir, une même ambition : rapprocher les producteurs des consommateurs et faire de l’agriculture locale un rempart contre la vie chère.
Dès les premières heures, le stade a commencé à se remplir. Puis la foule s’est densifiée, jusqu’à donner au site des allures de grand marché populaire. Aux étals, les produits s’enchaînent : régimes de bananes, poissons, œufs, fruits et légumes. Ici, pas de produits de luxe. Les organisateurs revendiquent au contraire des prix accessibles, « à la portée de toutes les bourses ».
Dans les allées, les consommateurs scrutent les marchandises, comparent les prix et remplissent leurs sacs. Pour beaucoup, l’intérêt de l’opération dépasse la simple possibilité de faire des économies. Acheter local, c’est aussi, selon eux, retrouver des produits frais, soutenir les producteurs et, surtout, manger mieux.

« Cette initiative devrait se pérenniser », estiment certains consommateurs rencontrés sur place. Ils saluent une opération qui permettrait aux Gabonais d’accéder à des produits de qualité à moindre coût, tout en donnant davantage de visibilité aux producteurs locaux.
Faire du marché un outil contre la vie chère
À l’origine de cette opération, la Maison de l’entrepreneur, fondée par son administratrice-directrice générale, Nora Kassa. Pour l’initiatrice, l’enjeu est plus large qu’une simple journée de vente.
Il s’agit de valoriser la production locale, lutter contre la vie chère, contribuer à l’émergence d’une économie locale forte et mettre en avant l’identité culinaire gabonaise.
Une équation qui paraît simple : produire localement, vendre directement aux consommateurs et réduire autant que possible les intermédiaires. Mais derrière cette mécanique se joue une bataille plus structurelle, celle de la capacité du Gabon à mieux valoriser ce qu’il produit et à faire davantage du « consommer local » une réalité quotidienne.
À Nzeng-Ayong, le public venu nombreux semble en tout cas avoir répondu présent.
Une affluence qui révèle aussi les attentes
Le succès populaire de cette première expérience n’a toutefois pas effacé certaines critiques. Si l’initiative a été largement saluée, plusieurs visiteurs ont pointé du doigt des insuffisances organisationnelles : accueil perfectible, qualité du service parfois inégale ou encore stocks insuffisants face à l’affluence.
Car le paradoxe est là. Le marché a attiré tellement de monde que certains produits sont venus à manquer. Une situation qui, loin de décourager les organisateurs, pourrait surtout servir d’indicateur pour la suite.
Pour la Maison de l’entrepreneur, cette grande opération n’était d’ailleurs pas conçue comme un aboutissement.
« C’est une phase test », explique en substance Nora Kassa. L’objectif est désormais de tirer les enseignements de cette première édition, de corriger les faiblesses observées et de susciter une adhésion plus massive des Gabonais et des communautés amies autour du projet.
Le test grandeur nature
À l’heure où les ménages gabonais restent confrontés à la question du coût de la vie, le marché de Nzeng-Ayong aura donc servi de laboratoire grandeur nature.
Un laboratoire où se rencontrent producteurs, entrepreneurs et consommateurs, mais aussi les contradictions d’une économie locale encore en construction : une demande importante, des produits disponibles, mais parfois des capacités d’approvisionnement et d’organisation qui peinent à suivre.
Reste désormais à transformer l’essai.
Car au-delà de la foule réunie ce vendredi au Stade de Nzeng-Ayong, le véritable défi sera de faire de ce type d’initiative un rendez-vous durable, capable d’offrir régulièrement aux consommateurs des produits locaux, frais et abordables.
À Nzeng-Ayong, le marché a fermé ses étals. Mais pour la Maison de l’entrepreneur, le chantier, lui, ne fait que commencer.
