GABON : Quand le patriotisme économique divise l’Afrique.
Le débat sur la décision du Gabon de réserver certaines activités informelles à ses nationaux continue d’enflammer la toile. Des voix se lèvent, notamment parmi les panafricanistes, dénonçant une mesure à relents xénophobes. Certains y voient une violation flagrante des principes de solidarité africaines.
Le débat sur la décision du Gabon de réserver certaines activités informelles à ses nationaux continue d’enflammer la toile. Des voix se lèvent, notamment parmi les panafricanistes, dénonçant une mesure à relents xénophobes. Certains y voient une violation flagrante des principes de solidarité africaines.
À l’inverse, d’autres internautes, gabonais ou non défendent la souveraineté du Gabon et la légitimité de l’État à protéger ses citoyens économiquement fragilisés.
L’économie informelle gabonaise, comme dans de nombreux pays d’Afrique centrale, représente une part importante de l’activité quotidienne, notamment pour les jeunes et les femmes. Or depuis plusieurs années, de nombreux opérateurs étrangers, souvent originaires de l’Afrique de l’ouest – y ont trouvé refuge, fuyant la précarité et l’instabilité dans leur pays d’origine.
Le Gabon, pays relativement stable et riche en ressources, devient alors une terre d’opportunités. Nulle besoin que le Gabon a participé à la construction de plusieurs pays africains.

Ce que met en lumière cette controverse, c’est aussi la complexité du panafricanisme contemporain. Faut-il prôner l’unité africaine au détriment des réalités économiques locales ? Peut-on exiger un pays comme le Gabon une hospitalisé sans limite, alors que ces propres citoyens peinent à joindre les deux bouts ?
Certains intellectuels rappellent que le panafricanisme ne signifie pas l’effacement des frontières, mais la coopération équitable entre États et peuples. Or les tensions observées aujourd’hui révèlent l’absence d’un cadre régional clair, permettant de gérer la mobilité économique à l’intérieur du continent.
