Gabon/Culture:Libreville relance la BD africaine : un écosystème à bâtir d’urgence

Longtemps en marge de l’industrie mondiale, la bande dessinée africaine veut désormais écrire sa propre trajectoire.Chercheurs et professionnels ont sonné la mobilisation.

Libreville s’est imposée ce mercredi 22 avril 2026 comme un carrefour stratégique de réflexion autour du 9ᵉ art africain, à l’occasion du colloque dédié à la bande dessinée africaine. Portée par des chercheurs, universitaires et acteurs du secteur, cette rencontre a mis en lumière une réalité sans détour : la BD africaine est en pleine mutation, mais reste en quête de structuration.

Au cœur des échanges, une question centrale : comment faire émerger une véritable industrie de la bande dessinée sur le continent ? Depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui, la créativité africaine ne s’est jamais démentie. Pourtant, elle se heurte à un manque criant de maisons d’édition, à l’absence de marché structuré et à des conditions précaires pour les auteurs.

Pour le Professeure Judicaël PETSILA chercheur à l’Institut de recherche en sciences humaines, le constat est clair : « Nous sommes face à un écosystème encore fragile. Les auteurs se battent seuls pour exister. Sans marché, il ne peut y avoir d’industrie viable. »

Derrière cette dynamique, plusieurs institutions de recherche gabonaises, soutenues par des partenaires engagés, entendent repositionner Libreville comme un pôle majeur de la BD africaine.

Plus qu’un simple rendez-vous scientifique, ce colloque marque un tournant. Car au-delà des constats, une ambition se dessine : faire de la bande dessinée africaine un levier culturel, économique et identitaire.

Libreville ne veut plus seulement accueillir des débats. La capitale gabonaise veut désormais écrire l’histoire d’une industrie. Reste à transformer l’essai et à donner enfin aux créateurs africains le marché qu’ils méritent.